Un nouveau délai s’ajoute pour l’ex-conseiller municipal du quartier Newport à Chandler, Bruno-Pierre Godbout, 37 ans, accusé de fraude.
L’homme fait face à trois chefs d’accusation en lien avec des allocations de dépenses présentées en 2021.
L’accusé a un nouvel avocat qui a besoin de temps pour analyser la preuve amassée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans ce dossier. La Couronne et la défense poursuivent les discussions pour tenter de trouver une voie de sortie.
L’UPAC avait indiqué en janvier 2024 que son enquête tendait à démontrer qu’entre le 1er février et le 31 juillet 2021, celui qui agissait comme maire suppléant durant la suspension par la Commission municipale du Québec de l’ex-mairesse Louisette Langlois aurait produit et utilisé de fausses demandes de remboursement de frais.
L’UPAQ estime le montant de la fraude à environ 10 000 $. Il doit répondre de chefs de fraude, faux et emploi, possession ou trafic d’un document.
La puce à l’oreille
Lors de la séance du conseil municipal du 21 avril 2021, le conseiller de l’époque Denis Pelchat avait soulevé des interrogations quant à des dépenses de déplacement de Bruno-Pierre Godbout. Ce dernier se questionnait sur des frais de 3145 $, en pleine pandémie. « Il n’y a pas de rendez-vous qui se prend, de visites qui se font. J’aimerais juste en savoir un peu plus parce qu’avec 3 000 $ on peut aller à Toronto aller-retour », soulignait-il lors d’une rencontre virtuelle.
Le maire remplaçant avait indiqué qu’il s’agissait de dépenses pour les mois de février et de mars. Denis Pelchat était revenu à la charge le 7 juin, lors d’une autre séance du conseil municipal en ligne, demandant cette fois des pièces justificatives pour le mois de mai. À ce moment, le Québec fonctionnait sous le système des paliers d’alerte par région administrative (vert, jaune, orange, rouge) en raison de la pandémie et des mesures sanitaires imposées par Québec.
Le conseiller Pelchat s’enquérait de deux factures de frais de déplacement de 1600 $ chacune, pour un total de près de 7000 $ en quatre mois. « Ça ferait 21 000 $ sur un an. Je trouve ça énorme et ça ne fait pas de sens […] dans ce temps très particulier. Aucun ministre, aucun sous-ministre ne rencontre de personnes en ce moment. Tout se fait par téléphone ou par Zoom. Je me questionne sérieusement sur ces frais de déplacement […] C’est prendre les citoyens pour des taouins. »
Il avait alors demandé à Bruno-Pierre Godbout quelle personne avait été rencontrée, à quel endroit et pourquoi. Son interlocuteur avait précisé qu’il s’était rendu à Québec la semaine précédente pour rencontrer un attaché politique, sans toutefois le nommer. « On a déposé deux dossiers au niveau de la voie de contournement et de l’asphaltage. On avait un gros bug au niveau de notre règlement d’emprunt, donc on a fait des représentations en ce sens avec un attaché politique. C’est aussi simple que ça. »
Condamné
Le 1er mai, Bruno-Pierre Godbout a été condamné à 36 mois de détention après avoir plaidé coupable le 20 janvier à six des 12 chefs d’accusation qui pesaient sur lui.
L’homme avait plaidé coupable à un chef d’agression sexuelle, un chef de voies de fait armées, deux chefs de voies de fait et deux de harcèlement criminel. Puisqu’il était détenu depuis son arrestation le 15 avril 2025, il lui restait 17 mois à purger au moment de recevoir sa peine.
Avec la collaboration de Jean-Philippe Thibault
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