Carte électorale

Rencontre « surréelle » avec Youri Chassin

Par Nelson Sergerie 4:35 PM - 14 mai 2026 Initiative de journalisme local
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La délégation gaspésienne avec des élus provinciaux à la suite de la rencontre avec Youri Chassin au Parlement de Québec. Photo Table des préfets de la Gaspésie

Youri Chassin, le député indépendant de Saint-Jérôme à l’Assemblée nationale, maintient son opposition afin de permettre l’adoption rapide d’une loi pour ajouter deux circonscriptions à la carte électorale et ainsi sauvegarder celles de Gaspé et de Bonaventure, menacées d’être fusionnées. Le gouvernement devra trouver une autre voie pour les protéger.

L’élu a causé une surprise avant la rencontre avec la Table des préfets de la Gaspésie au Parlement de Québec, le 14 mai. Le député indépendant était accompagné de Xavier-Antoine Lalande. Ce dernier est l’élu des Laurentides qui a lancé les procédures judiciaires en Cour supérieure et en Cour d’appel contestant la loi adoptée en mai 2024 qui protégeait les deux circonscriptions gaspésiennes.

Le président de la Table et maire de Carleton-sur-Mer note que cette rencontre a été surréelle avec la présence de son homologue des Laurentides. « C’est celui qui a intenté tous les recours judiciaires contre le processus de révision de la carte électorale qui était assis autour de la table, affirme Mathieu Lapointe. Ce n’était pas le souhait des élus de la Gaspésie. On souhaitait rencontrer M. Chassin. En partant, ça envoyait un message particulier sur la présence de M. Lalande. »

Le maire de Gaspé et répondant dans ce dossier – qui avait également fait le chemin jusqu’à Québec – se fait plus incisif. « On ressort un peu insultés, fâchés, de cette prise de position dogmatique du député Chassin, indique Daniel Côté. Tu as un député qui tient la Gaspésie en otage et c’est presque dictatorial pour quelqu’un qui défend la démocratie. C’est très particulier. On sort de là très insultés, mais je pense plus unis que jamais et le combat, je fais le pari qu’on va le gagner. »

« Il y a 124 députés sur 125 qui sont d’accord avec une façon de faire, rappelle Mathieu Lapointe. Cette façon de faire est recommandée par les juges de la Cour suprême, la Cour d’appel et la Cour de première instance qui ont dit qu’on pouvait réviser les critères, mais que la loi adoptée ces dernières années n’était pas la bonne façon de faire. Là, les parlementaires utilisent une façon de faire correcte, mais le député Chassin estime que ça brise les principes démocratiques de base… »

Youri Chassin Photo Facebook – Youri Chassin

Par les voies régulières

Devant la position répétée de son collègue indépendant de Saint-Jérôme, Stéphane Sainte-Croix estime que le projet de loi devra cheminer par les voies régulières à l’Assemblée nationale. Mais le temps presse puisque la session parlementaire se termine le 12 juin.

« On est déçus par la position du collègue, résume le député de Gaspé. La procédure accélérée que nous visions n’est pas celle qui sera privilégiée pour la suite des choses. J’aurai des discussions concrètes rapidement avec le ministre responsable du dossier pour voir quelles seront les priorités au menu législatif et j’ose espérer qu’on en fera partie. »

Il admet qu’il y a beaucoup de projets de loi en cours de route et que son gouvernement devra faire des choix. Le bâillon pourrait être le dernier recours. « Il est trop tôt pour parler de bâillon, mais c’est un outil qui figure dans le coffre à outils du législateur », soumet Stéphane Sainte-Croix.

À contre-courant

Pour sa part, Youri Chassin a indiqué en point de presse après la rencontre qu’il devait défendre sa réflexion, ses convictions et ses principes fondamentaux. « Il faut se lever debout pour défendre la primauté du droit et c’est un pilier fondamental. Ça m’étonne que personne n’ait fait de démarche alors qu’on demandait un consentement unanime. J’ai expliqué ma position et montré mon ouverture possible. »

« Les élus de la Gaspésie ont de très bons points par rapport à la représentation effective et l’accès à leurs élus provinciaux, ajoute-t-il. Mais est-ce que ça veut dire qu’il faut maintenir ou adopter une carte électorale hybride, le temps de revoir les critères ? Je suis désolé, mais non. Il y a non seulement un problème à ce que les élus déterminent leur propre carte électorale, mais ce serait un précédent en plus de 50 ans. »

« On doit garder le cap sur des principes fondamentaux, précise l’indépendant. Je veux que tout le monde comprenne la réalité et que les partis comprennent : ça suffit de trouver des voies de passages. »

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