Les négociations s’enveniment
Une quarantaine de délégués syndicaux étaient réunis mercredi au Manoir St-Augustin de Gaspé. Photo Jean-Philippe Thibault
Une quarantaine de délégués syndicaux affiliés à la CSN ont manifesté mercredi devant les portes du Manoir Saint-Augustin sous fond de tension pour le renouvellement de leur nouvelle convention collective.
La présidente provinciale de l’organisation, Caroline Senneville, était notamment du lot. Mais pas les travailleurs locaux, qui auraient été récalcitrants à s’afficher publiquement « par peur de représailles », dixit Pierre-Luc Boulay, le président pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
Ce dernier ne cache pas que les négociations sont difficiles, ce qui relève probablement davantage de l’euphémisme, selon lui, considérant une rencontre tenue la veille.
« Ç’a eu une tournure un peu déplorable, avec une forme d’intimidation. Le directeur de l’établissement a reçu nos demandes en criant des insultes et en déblatérant sur les syndicats en général. Ce n’est pas notre façon de faire habituelle. On s’est buté à des portes closes si on veut. En 10 ans d’expérience syndicale, je n’avais jamais entendu parler de ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on cautionne. »
Les employés du Manoir Saint-Augustin sont sans convention collective depuis le 1er avril 2024. En assemblée générale ce 10 avril, ils ont voté à 95 % pour un mandat de grève, qui pourrait se tenir plus tard cet automne.
À ce moment, la partie syndicale indiquait que l’employeur — le Groupe Corev — offrait une majoration salariale de 2,05 $ l’heure étalée sur cinq ans — soit à peine plus de 40 ¢ par année — et qu’il refusait à s’engager à payer les heures supplémentaires.
Le montant proposé est bien en deçà des attentes de 16,5 % d’augmentation sur quatre ans ou 20 % sur cinq ans. Les travailleurs du Manoir St-Augustin gagnent entre le salaire minimum (16,60 $) et 25 $ de l’heure pour ceux qui ont 11 ans de service.
« L’employeur ne semble pas vouloir négocier de bonne foi, ajoute Pierre-Luc Boualy. On est toujours avec des offres salariales qui sont en dessous des prévisions en termes d’inflation. C’est une RPA qui est indispensable ici dans La Côte-de-Gaspé, mais on n’est pas capables de donner des conditions gagnantes afin d’assurer sa pérennité. Pour nous, c’est excessivement problématique. »
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