Dents d’ours recherchées en Gaspésie

Par Nelson Sergerie 4:15 PM - 13 mai 2026 Initiative de journalisme local
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Outre l'âge, les dents permettent aussi de calculer des indicateurs d'exploitation et de productivité. Photo ministère de l'Environnement et de la Faune

Le ministère de la Faune demande la collaboration des chasseurs et piégeurs d’ours afin d’obtenir des dents pour établir un portrait de situation.

Celles-ci serviront à déterminer l’âge des individus et à assurer une gestion responsable et durable des populations.

Outre l’âge, les dents permettent aussi de calculer des indicateurs d’exploitation et de productivité ; de suivre l’évolution des populations au fil du temps et d’ajuster adéquatement les modalités de chasse selon les régions.

« L’ours noir est une espèce vulnérable à la surexploitation, car ils se reproduisent plutôt tardivement, explique la biologiste du ministère de la Faune, Marie-Claude Richer. La maturité sexuelle est tardive et les femelles produisent des petits qu’aux deux ans, car elles protègent leur petit durant un an. Pour ces raisons, le taux de reproduction pourrait être inférieur au taux de prélèvement. » 

Une fois récoltée, la dent est coupée et les cercles à l’intérieur sont calculés pour déterminer son âge, un peu le même principe appliqué pour déterminer l’âge d’un arbre.

Population en baisse ?

En 2023, un inventaire a été fait à Murdochville et on comptait alors 0,86 ours par 10 kilomètres2. Huit ans plus tôt, en 2015, on en comptait plutôt 1,46 par 10 kilomètres2.

« On a un indice que notre population d’ours serait en baisse, ajoute Marie-Claude Richer. Il y a des limites à interpréter ces résultats, puisque c’était dans un seul secteur, mais on pense qu’il y avait une bonne densité d’ours, d’où l’importance de recueillir une bonne quantité de dents pour avoir un bon échantillon. »

Les mâles vont par ailleurs commencer à s’accoupler à l’âge de six à huit ans, ce qui limite leur taux de reproduction. « C’est le genre de donnée qu’on va pouvoir récolter », précise la biologiste. L’an dernier, 198 ours ont été récoltés, ce qui est en légère baisse.

« Ce sont des données positives, mais c’est une faible décroissance depuis cinq ans », ajoute-t-elle.

Les prémolaires à prélever se situent juste derrière les canines sur la mâchoire supérieure. Photo MFFP

Trousse gratuite

Les chasseurs peuvent obtenir une trousse pour transmettre des dents en passant via le site gouvernemental en cherchant dans son moteur de recherche les mots ours, dent et Québec.

« Ça se fait à travers toute la province, rappelle Marie-Claude Richer. On ne faisait pas de sollicitation comme on le fait aujourd’hui. Un échantillon de chasseurs recevait une trousse de prélèvement par publipostage, dans ceux qui avaient un bon succès de chasse. Mais le retour de ces envois est à la baisse. C’est pourquoi on tente de rejoindre plus de chasseurs et piégeurs. »

Les réserves fauniques et les ZEC possèdent aussi de ces trousses. Les résultats de cette démarche devraient être connus l’été prochain.

Rappelons que la chasse à l’ours est ouverte jusqu’au 30 juin. L’an dernier, 801 permis de chasse ont été délivrés. Il est toutefois plus difficile d’estimer le nombre de personnes qui se livrent à du piégeage, car ces permis sont plus généraux.

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