Le 7 mai avait débuté d’une belle façon pour la région, alors que les partis politiques à l’Assemblée nationale ont soutenu le projet de loi 3, qui visait notamment à conserver les limites actuelles des circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure. Le député indépendant de Saint-Jérôme a cependant jeté une douche d’eau froide en ne consentant pas à l’étude accélérée de la pièce législative.
En plus de protéger les deux comtés de la Gaspésie, deux sièges étaient ajoutés pour un total de 127, en créant un comté au Centre-du-Québec et un autre dans les Laurentides. C’est la première fois depuis 1989 que des sièges étaient ajoutés au Parlement. À ce moment, le nombre était passé de 122 à 125 députés.
Le projet de loi proposé ne compte que six pages. Il établit que la nouvelle liste de circonscriptions doit maintenir les délimitations actuelles de quatre circonscriptions des régions de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, soit Matane-Matapédia-Mitis, Rimouski, Bonaventure et Gaspé, a indiqué le ministre responsable des Institutions démocratiques, Jean-François Roberge, lors du dépôt de la loi.
Mais un simple mot a bloqué tout le processus l’après-midi même du dépôt du projet de loi. « Pas de consentement Mme la présidente », a simplement indiqué le député Youri Chassin lorsque celle-ci a demandé aux parlementaires si des articles de règlements pouvaient être suspendus pour permettre son adoption la journée même (plus détails en page 15).

Élus déçus
Le député de Gaspé n’a pas tardé à régir. Stéphane Sainte-Croix a rappelé que plus d’un critère doit être pris en considération pour le découpage de la carte électorale, lui qui doit déjà arpenter la région de Cap-Chat à Grande-Rivière, sans compter ses déplacement vers l’Assemblée nationale.
« Ce projet de loi visait à confirmer le maintien de nos deux circonscriptions en Gaspésie et à reconnaître une réalité essentielle : dans les régions, la représentation démocratique ne peut pas reposer uniquement sur le poids démographique. Elle doit aussi tenir compte de l’immensité du territoire et de la proximité nécessaire avec les citoyens. L’ensemble des formations politiques s’étaient entendues sur cet équilibre. Un équilibre juste, réfléchi et adapté aux réalités des régions comme la nôtre. Aujourd’hui, ce consensus est freiné par une seule voix, ce qui retarde une décision cruciale pour la Gaspésie et pour toutes les régions concernées. Pour nous, il ne s’agit pas d’un débat abstrait. Il est question de préserver une représentation forte, accessible et enracinée dans notre territoire. »

Le président de la Table des préfets de la Gaspésie affiche quant à lui une grande stupéfaction à la suite du geste du député indépendant de Saint-Jérôme.
« Le projet de loi qui était sur la table permettait d’y aller de façon accélérée, précise Mathieu Lapointe. Il faut trouver une solution pour que le député Chassin comprenne que c’est la voix des régions du Québec qui est en danger et c’est l’ensemble des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale qui est d’accord avec ça. Il doit faire preuve d’ouverture. »
À noter que la députée conservatrice de Rimouski, Maité Blanchette Vézina, n’était pas présente à l’Assemblée nationale lors du dépôt du projet de loi, ayant dû rentrer la veille dans sa circonscription pour des raisons personnelles. Celle-ci avait déjà exprimé sa dissidence. Elle préférait un statut d’exception pour la Gaspésie plutôt que d’augmenter la députation.
Tout n’est cependant pas perdu. Le projet de loi pourrait être rappelé à tout moment d’ici la fin de la session parlementaire, le 12 juin.
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