Le choix de déménager le futur aréna de Gaspé sur l’ancien terrain du ministère des Transports (voir le texte précédent) ne fait pas que des heureux.
Certains doutent de ce scénario et les commentaires de citoyens sont partagés sur la question. Si plusieurs saluent l’initiative, d’autres sont plus sceptiques. Le conseiller municipal pour le centre-ville, James Keays, a pour sa part tenu à faire part de sa dissension lors de la séance de travail des élus. Pas tant sur la nécessité d’un nouvel aréna que sur la façon de procéder.
« Je vais vous le dire franchement, je ne suis pas au diapason avec la manière de faire de cette décision. Dire le contraire serait vous mentir et me mentir à moi-même », lance-t-il de but en blanc.
Le conseiller a indiqué vouloir parler avec transparence et devoir être extrêmement prudent dans la façon de présenter les choses. Il s’inscrit en faux quant à la formule voulant que les résultats des consultations publiques sur l’orientation à donner au terrain maintenant vacant du MTQ sont cohérents avec le projet d’aréna.
Les commentaires de cette consultation publique ont été reçus du 9 avril au 9 mai 2025. En novembre 2023, la Ville de Gaspé présentait son projet de nouvel aréna, spécifiant que l’emplacement était déjà choisi, derrière l’école secondaire. Le scénario d’un aréna sur le terrain du MTQ n’était pas dans les options.
« Oui un pôle sportif faisait partie des usages dans le rapport de consultation, mais je ne pense pas qu’on puisse dire qu’elle appuyait directement ou indirectement l’implantation d’un aréna, précise James Keays. Ce n’était pas la question posée. Pour moi, c’est une distinction fondamentale. Pour ne pas alimenter le cynisme, nous avons le devoir de ne pas faire dire aux consultations ce qu’elles ne disent pas. »

Citoyens interpellés
Généralement peu fréquentée, la période de questions de la plus récente séance de conseil municipal a attiré plus de citoyens que d’habitude, venus pour la plupart s’exprimer sur le dossier de l’aréna.
Gabrielle Leduc est du même avis que le conseiller Keays. Elle souligne que le dossier de l’aréna ne faisait pas partie des consultations publiques et que la population se retrouve pratiquement devant le fait accompli. “ On nous a expressément mentionné de ne pas nous exprimer par rapport à ça ”, rappelle-t-elle.
Œuvrant également pour la création d’un complexe multisports, elle demande si la Ville serait encline à analyser un projet mutualisé comprenant une glace et d’autres installations sportives, si le coût tournait autour de 36 millions de dollars. “ Il est plus que minuit moins une, rétorque le maire Daniel Côté. On doit mettre le focus sur le projet actuel. Si jamais ça ne fonctionnait pas, on pourrait regarder un plan B comme celui-là. On est ouverts. ”
” Une opportunité comme celle-ci qui s’offre à nous, ça arrive très rarement. J’ai l’impression que la Ville est en réaction à une situation hors de son contrôle et qu’elle prend le terrain du MTQ comme une solution de rechange rapide. ” note pour sa part Pierre-Alexandre Roussel.
Daniel Côté a précisé n’avoir reçu l’avis du Centre de services scolaire que l’été dernier, quant à leur désistement pour un aréna derrière l’école secondaire. S’en sont suivis plusieurs mois de “ discussions houleuses et de brasse-camarade ”, dixit le maire. La serviette a finalement été lancée en février. Pour être admissibles à l’aide financière maximale de 20 millions du provincial, les projets doivent être soumis avant le 22 juin.
Pour sa part, Jean-Yves Dupuis aurait également aimé être au courant de la situation dès que possible et être mis au diapason des derniers développements. ” Restreindre de consulter des utilisateurs, je trouve que c’est manquer notre rôle. Tout le monde a le droit de se prononcer. ”
Dans le monde virtuel des réseaux sociaux, plusieurs citoyens ont appuyé le projet et se sont dits heureux de potentiellement retrouver un aréna à cet endroit. La proximité des restaurants, des hôtels et du centre-ville en général est souvent cité comme un élément positif du nouveau positionnement.
Circulation à revoir
Parmi les arguments qui remettent en question le choix du terrain, l’aspect de la circulation au centre-ville revient souvent dans les commentaires. La parcelle est à proximité de deux écoles primaires, du campus collégial, d’un CPE, de Radio-Gaspésie et du centre de recherche Nergica, notamment.
« C’est assez central dans l’analyse, concède le maire Daniel Côté. On s’engage à faire toutes les études requises pour trouver les meilleures mesures de mitigation pour s’assurer que ça n’occasionnera pas de problématique. »
Les critères d’admissibilité
Pour obtenir du financement de la part de Québec dans le Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air (PAFIRSPA), les projets doivent répondre à certains critères, évalués sur 100 points.
Plus le résultat est haut, meilleures sont les chances d’obtenir une somme conséquente, jusqu’à un maximum de 20 millions. Voici les cases à cocher.
1. La qualité du projet et sa pertinence en réponse aux besoins de la population.
2. L’accessibilité aux infrastructures sportives et récréatives pour des clientèles multiples, dont la clientèle autochtone.
3. L’urgence d’intervention projetée pour assurer la pérennité de l’infrastructure ou la sécurité publique.
4. La collaboration avec les partenaires du milieu.
5. Les mesures d’économie d’énergie mises en place dans la réalisation du projet et la démonstration de la prise en compte des principes de développement durable pertinents pour le projet.
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