La Journée de la robe rouge à Gaspé

Par Nayeli Chavez , Nayeli Chavez nchavez@publicationsgaspesiennes.com 4:15 PM - 5 mai 2026
Temps de lecture :

Des chandails gratuits étaient offerts par le représentant de la communauté bispirituelle chez les Mi'gmaq, Vincent Jeannotte. Photo Nayeli Chavez

La communauté mi’gmaq de Gespeg a organisé un rassemblement en l’honneur de la Journée de la robe rouge, au Berceau du Canada. Dans l’après-midi du 5 mai, une trentaine de personnes étaient sur place, pour commémorer la mémoire des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. 

Une prière a d’abord été lue par l’une des aînées de la communauté, Linda Kelly. Dans son texte, elle priait pour recevoir de la force contre les « voleurs d’âmes » et a remercié tous ceux présents. « Je trouve cela intéressant. Ils apprennent à nous connaître. Je suis fière de faire partie des Premières Nations. »

En 2026, la Loi sur les Indiens existe depuis 150 ans. « Il faut toujours continuer à se battre. Malgré les modifications, on continue de perdre. » 

Ensuite, l’agente culturelle de la nation, Jessica Jean-Morin, a pris la parole pour valoriser le projet Dossier Cartographie FF2E+ADA, mis en place grâce à la collaboration entre les Femmes Autochtones du Québec (FAQ) et l’Université du Québec en Outaouais. « Les cartographies montrent qu’il y a eu 124 disparitions et assassinats entre 1950 et 2026. La documentation honore 221 parcours de vies. » 

D’après ce dossier, au Canada, entre 2011 et 2021, parmi l’ensemble des homicides liés au genre, 21 % des victimes féminines étaient autochtones, alors qu’elles ne représentaient que 5 % de la population en 2021.

Plusieurs organismes en appui aux femmes qui vivent de la violence physique et psychologique étaient sur place. Quelques personnes ont été mises au courant par les réseaux sociaux de Gespeg, comme Marie-Lou Leclerc-Dufour. « Ça pourrait m’arriver en tant qu’allochtone. Je pense que c’est important de venir les supporter, en tant que femme. »

L’aînée Linda Kelly, l’agente culturelle Jessica Jean-Morin et la cheffe de la Nation Micmac de Gespeg, Céline Cassivi. Photo Nayeli Chavez

Une alerte nationale pour les Autochtones

En avril, le syndicat Unifor a affirmé leur appui au projet pilote Red dress alert, un système d’alerte national pour les femmes et les filles autochtones. La cheffe de la Nation Micmac de Gespeg, Céline Cassivy, rappelle que l’Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues rapporte que le temps d’agir, après une tragédie, n’est pas optimal. « Ces disparitions ne sont pas prises au sérieux ou sont banalisées. Il faut que les policiers soient plus au fait de cette problématique pour agir le plus rapidement que possible. »

D’ailleurs, la ministre fédérale des Relations Couronnes-Autochtones a annoncé, le 5 mai, un soutien financier de 300000 $ pour aider l’organisation Giganawenimaanaanig, située au Manitoba, à financer ce projet.

À lire également

De l’œuf à la rivière, la grande aventure du saumon !

Beaucoup de logements à venir

Des plans pour rénover la Maison René-Lévesque

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.