Le conseil municipal de Gaspé change son fusil d’épaule pour la localisation de son futur aréna au centre-ville.
Le terrain derrière l’école secondaire C.-E.-Pouliot est délaissé en échange de celui qui abritait jusqu’à récemment le point de service du ministère des Transports, à l’angle des rues Jacques-Cartier et Bolduc.
En conférence de presse, le maire Daniel Côté a expliqué que le terrain initialement ciblé devenait en quelque sorte caduc en raison en raison d’opportunités de développement de la part du Centre de services scolaire des Chic-Chocs.
Présente à ses côtés, la directrice générale Josée Synnott confirme que l’organisation a entrepris un virage stratégique en matière de formation professionnelle depuis quelques années — en construction navale notamment — et qu’une expansion des locaux pourrait être nécessaire dans un futur plus ou moins rapproché, même si aucun projet spécifique n’est identifié pour le moment.
« Ces projets essentiels pour notre développement nécessitent toutefois des espaces supplémentaires, indique-t-elle. Nos analyses et toutes les nouvelles réalités de la formation professionnelle ont démontré que cette option [d’aréna derrière l’école] aurait eu pour effet de freiner, voire de compromettre le développement futur de la formation professionnelle en limitant notre capacité d’expansion sur ce site stratégique. »

Les options
Face à ce constat, la Ville de Gaspé a identifié quelques terrains qui auraient pu accueillir un nouvel amphithéâtre. « Mais il n’y en a pas des millions », concède le maire.
Le terrain actuel où se trouve l’aréna — devant le campus collégial — a été rejeté, puisqu’une démolition suivie d’une reconstruction aurait signifié selon l’administration municipale un arrêt des activités pendant quelques années, alors que l’aréna de Rivière-au-Renard est déjà occupé à haut régime.
« Ça veut dire une rupture de service pendant deux à trois ans. Est-ce que les utilisateurs sont prêts à vivre trois ans sans aréna ? La réponse était évidente », note le maire.
Le nouvel aréna occuperait aussi une plus grande superficie que le bâtiment actuel, ce qui viendrait charcuter une partie des espaces de stationnement, déjà peu nombreux. « Ça serait jouable, mais pas optimal », ajoute Daniel Côté.
Le terrain de l’autre côté du pont près du Couche-Tard a été vendu à la famille Bourdages qui y construit actuellement un écoquartier. La parcelle près du Carrefour Gaspé accueillera quant à lui bientôt un CPE d’une centaine de places. Le terrain acquis par droit de préemption entre l’hôpital et le parc industriel des Augustines est pour sa part accidenté, avec un potentiel de milieux humides qui reste à analyser et une distance d’environ 3,5 km du centre-ville.
Le meilleur choix était donc celui de l’ancien terrain du ministère des Transports, qui n’est pas encore totalement décontaminé. Des traces d’hydrocarbures et de cuivre sont encore à soustraire ce printemps.
Le nouvel aréna occuperait pour sa part le premier tiers du terrain 31 700 mètres carrés, qui comprendrait environ 125 espaces de stationnement. « C’est proche des hôtels et des restaurants lors d’événements, ce qui est un avantage majeur actuellement qu’on conserve », analyse Daniel Côté.
L’autre deux tiers pourrait être utilisé à d’autres escients. « On envisage quelque chose qui pourrait être rattaché à du parc ou quelque chose de ce genre-là. Une grande partie demeure disponible pour les autres grandes orientations qui sont sorties autour de la planification stratégique. »

Circulation à revoir
À proximité de deux écoles primaires, du campus collégial et du centre de recherche Nergica, l’arrivée de l’aréna un peu plus « haut » dans le centre-ville aura des impacts sur la circulation au centre-ville.
« C’est assez central dans l’analyse, remarque Daniel Côté. On s’engage à faire toutes les études requises pour trouver les meilleures mesures de mitigation possible pour s’assurer que ça n’occasionnera pas de problématique. »
L’estimation d’un nouvel aréna tourne toujours autour de 32 millions de dollars. La Ville de Gaspé espère que la troisième fois sera la bonne avec le programme québécois des infrastructures sportives et récréatives (PAFIRSPA) qui peut défrayer jusqu’à 20 millions des coûts admissibles.
La date limite pour déposer le projet est le 22 juin. Environ six mois sont prévus pour l’analyse des dossiers par Québec. Le cas échéant, les appels d’offres pourraient être lancés l’an prochain pour un début de construction en 2027 et une mise en service en 2029.
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