Les homardiers en mer dimanche

Par Johanne Fournier 10:20 AM - 1 mai 2026
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Les homardiers gaspésiens reprendront la mer dimanche. Photo Jean-Philippe Thibault

Les 128 homardiers gaspésiens reprennent la mer. Après quelques jours d’attente imposés par le froid et des vents forts, la saison de pêche sera lancée dimanche dans les zones 20A et 20B, qui s’étendent de Cap Gaspé à la rivière Bonaventure. Le homard de la Gaspésie reprend ainsi son chemin vers les marchés.

Bien qu’il ait été retardé de quelques jours, le début de la saison de pêche s’inscrit dans la normale. « L’an passé, l’ouverture de la pêche s’est faite le 26 avril, rappelle le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier. On est dans les dates historiques. »

La seule exception notable remonte à 2020, en pleine pandémie, quand l’incertitude des marchés avait repoussé le départ au 16 mai. « Tout le monde était dans le noir, alors que l’industrie était quasiment arrêtée », se souvient-il.

Savoir d’où vient son homard

Dès que les casiers remontent, le homard gaspésien bénéficie d’une chaîne de valeur bien rodée. Certifiée durable par le Marine Stewardship Council (MSC) depuis 2015, la pêche au homard de la Gaspésie mise sur la transparence. Le site monhomard.ca permet à chaque consommateur de tracer son homard grâce à un médaillon bleu, en identifiant le bateau et le pêcheur qui l’ont sorti des eaux du Saint-Laurent.

Une industrie sous pression

Si la météo dicte le calendrier, c’est l’économie qui, cette saison, pèse sur les esprits. Les 128 homardiers des zones 20A et 20B affrontent une hausse marquée de leurs coûts d’exploitation. Le prix des appâts de maquereau et du carburant a considérablement augmenté, grevant la rentabilité d’une industrie déjà soumise aux aléas de la nature.

Lorsqu’on lui demande comment ses membres composent avec cette situation, le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie ne mâche pas ses mots. « Composer, c’est un grand terme, répond O’Neil Cloutier. On devrait plutôt dire qu’on subit. Il n’y a pas grand-chose à faire avec ça ! »

Un défi qui repose sur deux variables

M. Cloutier résume le défi en fonction de deux variables : le prix et le volume. « Il y a toujours moyen d’absorber des dépenses supplémentaires, à condition que ces deux variables soient positives », précise-t-il.

Le scénario redouté est celui d’une crise économique internationale qui ferait chuter les prix au moment même où les coûts explosent. « Si le prix n’est pas présent, qu’il y a une crise économique, on aura un problème de rentabilité et, par le fait même, de viabilité », appréhende M. Cloutier. Le marché, craint-il, n’a aucune raison de ménager une industrie dont les intrants augmentent. « On n’a aucun contrôle là-dessus, est-il forcé d’admettre. Le seul contrôle qu’on a, c’est de pêcher. »

Face à cette incertitude, les pêcheurs s’appuient sur deux atouts : la traçabilité et la certification durable du Marine Stewardship Council (MSC). Des gages de qualité qui, espèrent-ils, soutiendront les prix de vente.

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