Une condition pour protéger la Gaspésie

Par Nelson Sergerie 11:59 AM - 28 avril 2026 Initiative de journalisme local
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Maïté Blanchette Vézina Photo Jean-Philippe Thibault

La députée conservatrice de Rimouski affirme qu’il est essentiel de protéger la Gaspésie dans le dossier entourant la carte électorale.

Dans le débat qui continue de faire rage à la suite de la décision rendue le 22 avril par la Cour suprême, le Directeur général des élections indique qu’il est minuit moins une alors que l’élection générale est prévue le 5 octobre.

En toute fin de journée le 24 avril, vendredi, Maité Blanchette Vézina a dicté en quelque sorte la marche à suivre à ses 124 autres collègues de l’Assemblée nationale afin qu’une position unanime du Parlement survienne pour l’élection à venir.

« Je veux être très claire : la Gaspésie doit être protégée. Point. Dans la proposition actuelle, il n’y a aucune garantie. Aucune. Et on recommence à jouer avec la carte électorale entre partis, alors que ça devrait relever d’un processus indépendant. Ça, ce n’est pas sain. Ce que j’ai dit au ministre, c’est simple : si on veut un consensus, ça prend un statut d’exception pour la Gaspésie. Sans ça, il n’y aura pas d’entente », prévient-elle dans une missive diffusée sur les réseaux sociaux.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté. Photo Jean-Philippe Thibault

« La solution est connue. Elle a même déjà été appuyée unanimement à l’Assemblée nationale, enchaîne-t-elle en faisant référence au maintien de la carte actuelle pour le prochain scrutin, tel que le mentionnait la loi adoptée en mai 2024. Alors, maintenant, il faut passer de la parole aux actes. Protéger la Gaspésie, ce n’est pas négociable. »

« Je considère la position de la députée de Rimouski comme simple, efficace et pragmatique pour atteindre notre objectif, analyse le maire de Gaspé, Daniel Côté. Sauf que, si on veut atteindre l’objectif, il faut un large consensus de toutes les formations politiques et la voie du consensus implique des compromis sur les moyens, pas sur la finalité. Ma grande crainte, c’est que les députés se perdent dans leurs débats sur les moyens et qu’ils délaissent l’objectif de sauver les deux comtés de la Gaspésie au profit de joutes partisanes sur les façons d’y arriver. »

Le chef conservateur, Éric Duhaime, mentionnait récemment qu’il s’agissait d’un dossier juridique plutôt que politique avant que la Cour suprême refuse d’entendre l’appel de Québec sur la loi qui mettait fin au redécoupage de la loi électorale de mai 2024.

Cependant, la Cour d’appel indiquait une voie à suivre : garder les comtés en Gaspésie et Montréal et ajouter deux sièges pour un total de 127 à l’Assemblée nationale.

Le DGE s’en mêle

L’ajout de deux circonscriptions à seulement quelques mois des élections pourrait « compromettre la qualité, voire l’intégrité du prochain scrutin », selon le directeur général des élections, Jean-François Blanchet.

Celui-ci rappelle que la loi oblige un délai de six mois avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle carte électorale. Il prévient qu’il n’est « pas en mesure de confirmer si les conditions permettant la tenue des prochaines élections générales pourront être réunies dans le respect des obligations légales et opérationnelles qui incombent actuellement à l’institution ».

Jean-François Blanchet demande à ce que ses équipes soient entendues par les élus « afin d’exposer de façon plus détaillée l’ensemble des enjeux et des risques » et pour trouver des solutions.

La nouvelle carte électorale doit entrer en vigueur le 15 juillet à moins qu’une loi soit adoptée ou encore que la première ministre Christine Fréchette ne déclenche une élection avant cette date.

Avec La Presse Canadienne

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