La distance réduit les soins et services à domicile

Par Nayeli Chavez 1:07 PM - 28 avril 2026
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Le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold. Photo Jean-Philippe Thibault

Les infirmières auxiliaires passent plus de temps en voiture que dans les maisons. C’est ce que rapporte le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’est du Québec (SIIIEQ), Pier-Luc Bujold.

« La fin de semaine, le personnel est réduit. On a des infirmières qui conduisent entre 500 et 600 km en deux jours. Imaginez le peu de temps qu’elles ont chez les patients », explique-t-il à la suite d’une marche pour un virage vers les soins et services à domicile qui a eu lieu à Québec, le 28 avril. Le président dénonce cet aspect qui limite le nombre de patients vus en une journée. Il souligne également qu’il faut redorer les soins à domicile et les CLSC de l’Est-du-Québec.

« Il y a un débordement dans les hôpitaux, rappelle M. Bujold. Ce débordement n’aurait pas eu lieu s’il y avait plus de financement et plus de services. Souvent, la plupart des gens qui sont là sont en grande perte d’autonomie. » Le manque de services les empêche de rester dans leur maison comme elles le désirent, précise-t-il. « C’est vraiment un incontournable pour se sortir de ce marasme de temps d’attente dans les urgences, de manque de lits dans les hôpitaux et de surcharge de travail des infirmières en milieu hospitalier. » D’après ses informations, les constructions de maisons des aînés ont permis de créer 3500 places, mais « il en manque encore une dizaine de milliers ».

Le portrait de 2024 sur la santé et du bien-être de la population de La Côte-de-Gaspé, publié par le CISSS, révèle qu’en 2021, la part de personnes âgées de 65 ans et plus est de 27,8% (20,3% au Québec ). En 2041, cette proportion pourrait s’élever à 35,4%.

Pour la Haute-Gaspésie, en 2021, la part de personnes âgées de 65 ans et plus est de 31,7%. En 2041, cette proportion pourrait s’élever à 38,5%.

D’après la Politique nationale de soutien à domicile (PSAD) Mieux chez soi, déposée par le cabinet de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger en janvier 2026, les soins et services de soutien à domicile ont 396 000 usagers et plus de 17 000 personnes sont en attente d’un premier service. « Ça faisait 20 ans qu’on l’attendait », dit M. Bujold. Cependant, il trouve que le document ne va pas assez loin sur la question du financement et des engagements. Pour l’année 2024-2025, le budget pour les soins à domicile aux aînés était d’un peu plus de 2,5  milliards $.

Les grands oubliés

M. Bujold a reçu plusieurs témoignages d’infirmières, incertaines de leur capacité à répondre aux demandes. « J’ai eu des commentaires qu’il y a une possibilité qu’elles ne les traitent jamais, parce qu’il y a toujours des gens plus prioritaires dans la liste. » Il se peut alors que la situation des patients se détériore et qu’une hospitalisation soit nécessaire. 

Pour d’autres, si la situation ne se dégrade pas, qu’il n’y a aucun signalement ou qu’il n’y a pas d’autres intervenants dans le dossier, ils continuent de descendre dans la liste des priorités, informe le président du SIIIEQ. « Le réseau de soins a de grands oubliés. On voit souvent des gens qui nécessiteraient des soins à domicile à cause d’une perte de mobilité et de difficulté à se déplacer, raconte-t-il, et qui doivent continuer à requérir leurs services dans un CLSC. »

Le président de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), Déreck Cyr, rapporte que les infirmières ont une vingtaine de patients attitrés « Le surplus est réparti entre les autres travailleurs et ça fait en sorte que les soins ne sont pas optimums, qu’il y a une surcharge de travail et elles font plus de déplacement que de soins. »

Le cabinet de la ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger, a accusé de réception la demande d’entrevue du Pharillon. Au moment d’écrire ces lignes, aucune suite n’a été donnée. 

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