Autre portrait peu reluisant

Par Nelson Sergerie 2:22 PM - 27 avril 2026 Initiative de journalisme local
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Ce sont 17,9 % des Gaspésiennes et Madeliniennes qui sont en situation de pauvreté. Photo Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-dela-Madeleine

Profitant de la 14e Journée annuelle des locataires, la Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a publié le 24 avril son analyse Pauvreté, violences, logement : un mécanisme qui reproduit et renforce les inégalités de genre.

Le portrait décrit par ce nouveau document montre que les violences faites aux femmes sont liées aux conditions matérielles dans lesquelles elles vivent.

« Ce qu’on constate beaucoup dans les dernières années, avec le prix des loyers qui a bondi et les taux d’inoccupation qui sont très bas, c’est que c’est difficile pour les femmes de se loger : elles font face à des enjeux supplémentaires de pauvreté, constate l’agente de développement de la Table, Catherine Beaulieu. Elles vivent plus de violence conjugale et ces enjeux s’entrecroisent et s’amplifient les uns les autres. Ça devient un cocktail difficile à vivre pour bien des femmes. »

L’analyse est le résultat de plusieurs démarches de réflexion collective et d’observations de plusieurs groupes féministes de la région. Elle s’appuie sur l’Argumentaire féministe sur le droit au logement, créé par le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, auquel celle de la région a participé.

« On sait que la violence conjugale va appauvrir les femmes qui en sont victimes, poursuit Catherine Beaulieu. Ça peut interférer sur le revenu d’emploi, ça peut engendrer des retards et des absences forcées. Il y a un coût aussi de quitter son logement ou son foyer, et ça peut venir aussi, par exemple de violence économique de la part du partenaire violent. Ça prive les femmes de leur autonomie et on ajoute un obstacle pour les femmes qui voudraient quitter un foyer dangereux : la crise du logement. Des femmes vont hésiter à quitter un milieu dangereux. »

Dans les données récoltées, il est noté que 17,9 % des Gaspésiennes et Madeliniennes sont en situation de pauvreté et, parmi ce pourcentage, les femmes monoparentales et les femmes aînées sont surreprésentées.

De plus, le prix des loyers a bondi de 69 % dans les cinq dernières années à Gaspé, alors que le taux d’inoccupation des logements demeure sous l’équilibre du marché.

Québec a tenté diverses mesures ces dernières années pour tenter d’aider les femmes en situation de précarité. Mais il en faut davantage, estime la Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

« Il faut financer adéquatement les organisations communautaires qui travaillent aux violences faites aux femmes, en pauvreté, en logement, analyse l’agente de développement. On peut prendre des mesures pour améliorer le revenu des femmes : augmenter le salaire minimum, hausser les différents programmes de sécurité du revenu. Ce sont des mesures qui vont rendre les femmes plus en sécurité vivre plus dignement. »

Mais il faudra davantage de volonté politique pour y parvenir, précise-t-elle. Des recommandations sont faites dans le rapport et les candidats qui se présenteront à la prochaine élection, en octobre, devront se prononcer sur les différentes mesures suggérées.

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