Hydro-Québec a lancé un nouvel appel d’offres pour acheter entre 1500 et 3000 mégawatts (MW) d’énergie éolienne, mais l’Alliance de l’énergie de l’Est ne peut soumettre de projet puisqu’elle ne peut pas intégrer cette potentielle nouvelle énergie sur le réseau de la société d’État.
Le goulot d’étranglement, soit l’incapacité d’amener vers les grands centres toute nouvelle électricité produite par un nouveau parc construit à l’est de Rivière-du-Loup, freine les ambitions de l’Alliance.
« On n’a pas l’opportunité de soumissionner, à cause notamment du problème de connexion au réseau existant », mentionne le vice-président, Simon Deschênes, qui salue tout de même la continuité du développement de la filière éolienne au Québec.
Les démarches se poursuivent pour amener une ligne de transport d’énergie à haute tension vers l’est de la province. « On a joué notre rôle de leader dans les dernières années pour parvenir à en avoir le développement. On doit saluer les efforts d’Hydro-Québec dans l’ouest du Bas-Saint-Laurent pour un tracé pour la nouvelle ligne de transport », note celui qui est aussi maire de Sainte-Anne-des-Monts.
Avec un carnet de construction bien rempli, il est difficile d’en faire plus à court terme, poursuit-il. Cinq parcs sont en construction sur le territoire : Canton MacNider (122 MW) ; Madawaska (270 MW) ; Forêt Domaniale (180 MW) ; Saint-Paul-de-Montminy (196 MW) et PPAW (349,8 MW) pour un total de 1118 MW.
« Notre planche de travail est garnie, mais nous souhaitons continuer le développement pour venir puiser les gisements importants encore disponibles en Gaspésie », note Simon Deschênes.
L’Alliance a déjà en activité des parcs éoliens d’un total de 326 MW. Le projet Grosse-Île (16,8 MW) est quant à lui devant le Bureau d’audience publique en environnement. PPAW 2 (291,4 MW) est en phase de développement.

L’acceptabilité sociale
La société d’État exige une meilleure intégration des projets dans les milieux concernés, notamment en privilégiant ceux développés en partenariat avec les collectivités d’accueil et les Premières Nations.
Les projets devront bénéficier de l’appui clair des municipalités concernées et devront démontrer une intégration respectueuse dans leur milieu avec une consultation auprès de la population en amont du dépôt des projets. Les promoteurs doivent démontrer comment les préoccupations exprimées ont été prises en compte.
En plus des ententes négociées avec les propriétaires, les promoteurs devront verser une contribution financière annuelle aux collectivités qui administrent le territoire. Le milieu agricole devra aussi être protégé, rappelle Hydro-Québec.
Les projets retenus viseront une mise en service entre 2031 et 2038. Seuls les projets appuyés par une résolution des municipalités concernées pourront être réalisés. La date limite de dépôt est le 26 février 2027.
Pas de solaire non plus
Aucun projet n’émane de la Gaspésie à la suite de l’appel d’offres en énergie solaire lancé par Hydro-Québec en mai 2025, elle qui demandait un total de 300 MW.
La société d’État a reçu 60 soumissions provenant de 14 régions administratives, pour un total de 481 MW. Les parcs doivent avoir une puissance installée d’au maximum MW et être raccordés au réseau d’ici 2029.
En raison du manque de connectivité au réseau québécois, l’Alliance de l’énergie de l’Est pouvait difficilement se lancer dans cette aventure.
Les projets retenus devront maximiser les retombées économiques pour le Québec, éviter les zones agricoles ainsi que prévoir un approvisionnement responsable en équipements.
Environ 40 % des projets comportent la participation d’une collectivité locale ou d’une communauté autochtone. Le résultat de l’appel d’offres sera communiqué au premier trimestre de 2027.
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