Pas d’échantillonnage des eaux cette année

Par Nayeli Chavez 1:32 PM - 17 avril 2026
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La rivière York de Gaspé fait partie des rivières qui ne seront pas échantillonnées cette année. Photo Jean-Philippe Thibault

Le Conseil de l’eau du Nord de la Gaspésie (CENG) ne pourra pas faire l’échantillonnage de cinq rivières entre avril et novembre. L’an dernier, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a suspendu la saison deux mois avant la fin. Plusieurs autres régions du Québec sont touchées.

« On a juste reçu un appel, sans explication », s’exprime le codirecteur du Conseil de l’eau du Nord de la Gaspésie (CENG), Yves Briand. Lui et d’autres partenaires récoltaient l’eau de cinq stations, soit les rivières Cap-Chat, Saint-Anne, Saint-Jean, Madeleine et York. En temps normal, M. Briand doit remplir, une fois par mois, des bouteilles fournies par le gouvernement, puis les envoyer en laboratoire.

Yves Briand ne comprend pas cette décision. D’après lui, elle vient à l’encontre de la Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030, mise sur pied par le ministère lui-même. « Il y a une mesure qui est claire et qui vise à bonifier le suivi de la qualité de l’eau. Le gouvernement a une stratégie qui vise à augmenter la qualité de l’eau, mais depuis deux ans, il prend des décisions qui font le contraire. »

D’après la réponse par écrit du ministère de l’Environnement à la demande d’entrevue du Pharillon, « une priorisation a été effectuée. » Il confirme que des échantillonnages ont débuté dans d’autres régions de la province. Les stations ont été choisies selon certains critères, confirme le ministère :

Celles qui permettent de suivre la qualité de l’eau à l’embouchure des rivières parmi les plus contaminées au Québec;

Les petits tributaires agricoles, afin de vérifier l’impact des politiques agricoles et de différents types d’agriculture sur la qualité de l’eau;

Celles qui permettent de mettre à jour les charges de contaminants des principaux tributaires du fleuve Saint-Laurent.

Selon le codirecteur du CENG, cela fait plusieurs années que des données sur ces rivières sont accumulées. « En Gaspésie, on est chanceux. On a de l’eau de bonne qualité. Par contre [les montées rapides du niveau d’eau] sont susceptibles de changer, à cause des changements climatiques. Les sécheresses en été peuvent aussi venir changer les conditions de l’eau et des habitats aquatiques. » D’après ses précisions, la Gaspésie ne fait pas face à ces risques.

Une accumulation

Cette annonce s’ajoute à d’autres décisions qui ont déçu Yves Briand, dans le passé. À l’été 2025, il n’avait plus accès aux heures de laboratoires gratuites. « On ciblait des endroits comme la rivière Gros-Morne, où on sait qu’il y a plusieurs résidences qui ont des installations septiques individuelles, rapporte-t-il. Il y avait un problème d’eaux usées qui allait dans la rivière. » Des contrôles ont démontré qu’il y avait trop de bactéries provenant d’excréments pour que ce soit sécuritaire de se baigner.

En 2024, la direction responsable du Réseau-rivières a ajouté deux stations, à la rivière Darmouth et à la rivière au Renard, note Yves Briand. À l’époque, il avait demandé de les ajouter en raison de la population qui y vit en bordures. « À partir de l’été 2024, on devait faire ces deux stations pendant deux ans. L’année suivante, elles ont été coupées. » D’après ce que rapporte le ministère de l’Environnement, d’autres activités pourraient cependant être confirmées ce printemps.

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