Vers une mine de classe mondiale

Par Nelson Sergerie 10:10 AM - 15 avril 2026 Initiative de journalisme local
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Une centaine de résidents ont assisté à la présentation d'Osisko le 14 avril. Photo Nelson Sergerie

Avec les derniers résultats dévoilés par Métaux Osisko sur le potentiel du gisement de cuivre à Murdochville, tout porte à croire que le projet entrerait dans les grandes ligues mondiales s’il se concrétise.

Les ressources mises à jour représentent une augmentation de 119 % du contenu en cuivre métallique par rapport aux ressources indiquées de l’estimation précédente.

Le 14 avril, Métaux Osisko affirmait qu’il y aurait 1834 millions de tonnes de cuivre à une concentration de 0,27 % à la suite de sa campagne de forage sur 118 000 mètres en 2025. Et 50 000 autres mètres de forage sont prévus cette année. La mine pourrait devenir un joueur majeur dans un contexte de rareté progressive de ce métal.

« Ça représente potentiellement une grosse mine qui va exploiter du minerai à faible teneur. Mais reste-t-il que ce sera gros. On parle d’une opération minière qui minerait 10 fois plus sur une base journalière que l’ancienne Mines Gaspé », explique le chef de la direction de Métaux Osisko, Robert Wares, qui était par ailleurs géologue lors de la première vie de la mine.

Avec un tel volume, Mines Gaspé deviendrait un acteur mondial important. « Presque. Classe mondiale, on parle d’une mine de cuivre qui peut produire 200 000 tonnes par année. L’opération qu’on envisage est plus de 150 000 tonnes. C’est très considérable. Ce serait la plus grosse mine au Canada », précise Robert Wares.

La mine pourrait opérer pendant quatre décennies, estime le chef de la direction. « Quand on regarde la valeur métal, sur 40 ans, on parle facilement de 100 milliards de création de richesse. Ces 100 milliards sont divisés dans les coûts d’exploitation, les impôts et taxes, les redevances, l’avoir des actionnaires, le profit, etc. La vraie création de richesse est ce qu’on extrait du sol. C’est gros ! »

Et si la campagne de forage 2026 donne les résultats escomptés, la vie de la mine serait prolongée davantage. « On est très optimistes sur le potentiel d’accroitre la ressource. J’espère revenir l’année prochaine et annoncer une mine qui pourrait durer 50 ans », ajoute le dirigeant.

Robert Wares, président de la direction chez Métaux Osisko. Photo Jean-Philippe Thibault

Contexte mondial favorable

Métaux Osisko calculait la rentabilité de sa démarche sur un prix de 4,50 $ US la livre. Le marché est actuellement à 6 $. Avant d’en arriver à une exploitation, l’étude économique préliminaire viendra confirmer une éventuelle relance.

« Si on a des bons résultats de forage dès cet été, on va vouloir les inclure dans l’étude et la chose intelligente à faire serait de retarder l’étude pour peut-être six mois. Suite à ça, on va embarquer dans l’étude de faisabilité qui va durer 18 mois », mentionne Robert Wares, qui évoquait à la base une publication sur la fin de l’année 2026 ou au début de 2027.

Une partie de la production irait probablement à la fonderie Horne de Rouyn-Noranda. Son propriétaire, Glencore, qui a vendu les actifs de Mines Gaspé à Métaux Osisko, a l’exclusivité de la ressource qui sortira de Murdochville. 

« Si on a un projet qui voit le jour, on ose croire que le gouvernement ira de l’avant pour compléter le lien ferroviaire entre Port-Daniel et Gaspé. C’est sûr que le gouvernement va vouloir que le plus de minerai possible se rendre à la Horne plutôt qu’en Europe. Mais ce sera au gouvernement de négocier avec Glencore pour s’assurer qu’une portion du minerai de Gaspé [y] aille », conclut le dirigeant.

Murdochville a été fondée le 15 juillet 1953 pour l’activité minière. Photo Jean-Philippe Thibault

La Ville derrière Métaux Osisko

Présent à la séance d’information, le maire élu en novembre, Stéphane Gamache, assure que le conseil municipal continue d’appuyer la minière dans ses démarches.

« Le nouveau conseil est très favorable, mais on veut essayer d’avoir les meilleures conditions économiques possibles pour la Ville, l’améliorer, la rendre plus attractive. L’idée est de minimiser le navettage, que les gens viennent vivre ici », résume le premier magistrat.

Certains citoyens s’informent sur la possibilité d’établir de nouveaux commerces ou de nouveaux services. « Des gens posent des questions et demandent des informations. C’est favorable. Il faut que ce soit fait de façon ordonnée et non pas dans un but spéculatif, mais dans un but de développement de la Ville », avance le maire. Si jamais le projet de relance de la mine échoue, le maire reste prudent.

« Il faut toujours penser que c’est hypothétique encore. Les gens d’Osisko nous le répètent. C’est favorable. Ça va dans le bon sens, mais ça n’ira pas avant trois ou quatre ans avant d’avoir un feu vert final. Il faut rester prudent et bien jouer nos cartes. On joue beaucoup dans l’incertitude, mais on n’a pas le choix de travailler ainsi », précise Stéphane Gamache.

Dénoyer la fosse

Les travaux se poursuivent pour trouver la façon de dénoyer la fosse Copper et ses 35 milliards de litres d’eau légèrement cuivrée vers la rivière York, notamment avec l’utilisation de produits chimiques. L’Institut national de recherche scientifique est impliqué dans le projet.

« Une fois qu’on aura déterminé tous les détails d’ingénierie et les coûts, on va faire les demandes de permis. On espère les avoir en quatre mois. J’espère commencer à pomper dans un an, note Robert Wares. Il y a beaucoup de compagnies qui pensent que ce n’est pas faisable, mais nous, on est convaincus du succès. »

En parallèle, une vaste étude sur la faune et la flore sera réalisée dans une zone couvrant 170 kilomètres carrés autour de Murdochville, pour évaluer les impacts du projet. L’impact environnemental reste un enjeu majeur.

« c’est habituel : bruit, vibration, poussière. Tout ça sera assujetti à des études approfondies. Le BAPE va nous dire si le plan de match a de l’allure », mentionne le chef de la direction. Une centaine de citoyens ont participé à la rencontre de mardi.

« On sent l’intérêt pour le projet. C’est très bien d’être encouragé par la population locale », conclut le dirigeant.

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