Un mandat de grève au Manoir St-Augustin
Les travailleurs de la résidence privée pour aînés de Gaspé ont voté à 95% pour un mandat de grève. Photo Jean-Philippe Thibault
Les négociations pour une nouvelle convention collective n’ont toujours pas permis de dénouer l’impasse au Manoir St-Augustin. Et comme le laissait planer les quelques 60 employés affiliés à la CSN au mois de mars, une grève pourrait être incessament déclenchée.
Réunis en assemblée générale ce 10 avril, les travailleurs de la résidence privée pour aînés de Gaspé ont voté à 95% pour un mandat de grève. Aucune date n’est annoncée pour le moment. Chose certaine, les salariés durcissent le ton à la suite de plusieurs séances de négociation marquées par des offres monétaires qu’ils jugent « nettement insuffisantes ».
Selon la partie syndicale, l’employeur – le Groupe Corev – offre une majoration de 2,05 $ l’heure, étalée sur cinq ans. « C’est à peine plus de 40¢ par année. Il y a également le refus de payer les heures supplémentaires après les heures régulières de travail, explique la présidente du syndicat, Sophie Laprise. Considérant l’importance et la difficulté de notre travail, l’attitude de l’employeur est incompréhensible. »
Le montant proposé est bien en deça des attentes de 16,5 % d’augmentation sur quatre ans ou 20 % sur cinq ans. Les travailleurs du Manoir St-Augustin gagnent entre le salaire minimum (16,10$) et 25 $ de l’heure pour ceux qui ont 11 ans de service. Leur convention collective est échue depuis le 1er avril 2024 et les négociations se sont amorcées il y a un peu plus d’un an.

L’employeur aurait par ailleurs invoqué l’article 54 du Code du travail afin de recourir à la conciliation. À toute phase des négociations, l’une ou l’autre des parties peut demander au ministre de l’Emploi de désigner un conciliateur pour les aider à effectuer une entente. Sur réception de cette demande, il doit désigner un conciliateur.
Quoi qu’il en soit, les salariés – dont plusieurs gagnent à peine plus que le salaire minimum – dénoncent des propositions patronales « qui aggraveraient leur situation financière. » Face à cette impasse, ils estiment ne plus avoir d’autre choix que d’exercer leur droit de grève.
« Faire la grève et se priver de revenu n’est jamais une décision prise à la légère. Cela demande du courage, souligne le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Pierre-Luc Boulay. « Nous serons aux côtés des travailleuses et travailleurs aussi longtemps qu’il le faudra pour obtenir une entente digne et respectueuse », conclut-il.
Le Manoir St-Augustin compte 120 résidents, dont une quarantaine de places en ressource intermédiaire nécessitant des soins particuliers. Le Groupe Corev n’avait toujours pas retourné nos appels au moment d’écrire ces lignes.
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