Dix personnes adultes autistes occupent les logements de Demeure Toi, depuis près de cinq mois. À travers un plan d’intervention et des ateliers, elles apprennent à développer leur autonomie résidentielle. Le Pharillon est allé à la rencontre des locataires.
Les habitants de l’immeuble inauguré en novembre se réjouissent de se côtoyer sept jours par semaine. « Quand je suis arrivée ici, je ne pensais pas pouvoir créer des liens amicaux aussi rapidement », s’est exprimée Murielle Cloutier-Chouinard, le regard tourné vers son copain et son amie. Dès notre entrée à Demeure Toi, nous avons remarqué une ambiance enjouée.
Murielle accepte de nous présenter sa demeure. Dans son salon, des manettes de Nintendo 64 sont déposées au sol. Ses médicaments sont disposés sur sa table de cuisine et occupent une moitié parfaite. « Mes parents m’ont aidé à déménager. Le changement était difficile au début. » À l’entrée de chaque appartement se trouve un téléphone mural. Les occupants peuvent appeler une personne-ressource, disponible en tout temps. En cas d’urgence physique ou psychologique, une employée de nuit occupe une chambre de l’étage.

Emménager, puis déménager
Les personnes autistes chez Demeure Toi passent par un processus de sélection, d’après la coordonnatrice de services, Cindy Richard. « Elles doivent avoir une volonté, un projet de vie, précise-t-elle. Les personnes qui ont été choisies ont ensuite participé à des ateliers préparatoires. Elles sont venues deux heures par semaine, depuis mars 2025, jusqu’à l’emménagement, en novembre. » Grâce à ces rencontres, les intervenants et les futurs locataires ont appris à se connaitre. « On a ciblé certains défis, mais aussi leurs forces. » Celles-ci sont ensuite utilisées pour les aider à réaliser des objectifs, tels que la gestion de paperasse, l’entretien d’un logement ou encore la gestion des émotions, selon l’une des locataires, Émmie Dupuis-Ferlatte.
Même s’ils s’y sentent bien, leur présence est temporaire. « Je vais rester ici le temps que ça me prend pour acquérir tout ce dont j’ai besoin pour déménager dans un appartement non supervisé », continue-t-elle. « C’est mieux de ne pas se mettre de pression », a renchéri un autre, Yannick Bernier.

En avril, on sensibilise
Dans l’un des espaces communs, deux micros et quelques caméras sont installés. Pour le mois de la sensibilisation à l’autisme, les locataires ont eu l’idée de publier sur la Facebook de Demeure Toi des entrevues avec des résidents de Gaspé. « Le but est d’éduquer et de démontrer les compétences de nos locataires, a dit Mme Richard, d’une voix douce. Quand on faisait nos entrevues, il y en a qui était très surpris d’apprendre qu’ils avaient ce diagnostic ! » D’ailleurs, le maire a participé à l’exercice.
L’organisme a également prévu deux activités pour les personnes autistes non résidentes, d’après leur calendrier. Le 14 avril, les participants pourront fabriquer leur propre foulard, suivi d’un post-mortem. Une marche pour l’autisme aura lieu le samedi 18 avril.
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