Des parents qui n’ont pu obtenir une place pour le camp Été jeunesse Gaspé ont affiché leur mécontentement – parfois de façon virulente sur les réseaux sociaux – ce qui a amené la Ville de Gaspé à lancer un appel au calme.
Le 7 avril, les inscriptions ont été ouvertes en ligne et selon les organisateurs du camp, les places disponibles se sont envolées en quelques instants, ce qui a suscité des commentaires de parents frustrés par la situation.
« La Ville ne gère pas des camps de jour. Ce sont surtout des organisations de bénévoles qui offrent les services. Je n’accepte pas les critiques violentes qui ont été formulées à l’égard de ces bénévoles », lance du but en blanc le maire Daniel Côté.
Ce dernier constate aussi qu’il semble manquer de places. « On doit documenter la situation. Est-ce que ce sont quatre jeunes, 40 jeunes ou 400 jeunes qui n’ont pas de places ? La Ville met en ligne un formulaire pour mentionner les besoins réels. Une fois identifiés, on va travailler avec les organismes pour trouver des pistes de solution », précise-t-il.
Cependant, il fait un parallèle avec le manque de places en garderie : manque de locaux, manque de personnel pour offrir les camps de jour. « Il semble y avoir certaines places en moins. Il y a eu des fermetures ces dernières années qui ont créé des pressions sur les camps. Bref, ce dossier a évolué ces dernières années. D’autres camps de jour n’ont pas encore ouvert leurs inscriptions. »
C’est le cas notamment à Saint- Maurice-de-l’Échouerie et Rivière-au-Renard. Le maire n’exclut pas ouvrir le portefeuille si jamais les besoins étaient bien documentés. La Ville est en contact avec les organisateurs afin d’explorer des pistes de solution.

Réaction d’Été jeunesse Gaspé
Le camp Été jeunesse Gaspé comprend le désespoir des parents. Sa création remonte à plus de 20 ans, après avoir repris le camp municipal géré à l’époque par la Ville. Sur les réseaux sociaux, les organisateurs bénévoles précisent que la capacité d’accueil du camp – de 120 à 130 enfants – a été comblée en deux minutes. Une conjoncture d’événements a amené cette envolée fulgurante des places.
« On s’attendait à ce que les places se comblent rapidement. Le camp sportif du Cégep de la Gaspésie et des Îles était déjà fermé depuis l’année d’avant. Le camp des Débrouillards ne sera pas présent à Gaspé en 2026. On se retrouvait avec deux camps qui n’allaient pas opérer », justifie la vice-présidente de l’organisation, Marie-Ève Joncas.
Ces deux camps pouvaient accueillir quelque 200 personnes, ce qui crée une pression sur les autres organisations. « Il faut avoir un local suffisamment grand pour accueillir les enfants. On veut qu’ils passent le plus de temps possible à l’extérieur, mais quand la météo n’est pas de notre bord, il faut avoir un accès intérieur suffisamment grand. Il n’y en a pas tant que ça à Gaspé. Et au niveau du recrutement, ce n’est pas évident. »
Le camp se déroule à l’école Saint-Rosaire. Marie-Ève Joncas salue l’initiative de la Ville de Gaspé de chercher les besoins en matière de places. « C’est comme le point de départ pour bonifier ou développer de nouveaux camps de jour. Nous, on s’est fait prendre au dépourvu avec la perte de deux camps. Avant, on ne vivait pas ça quand les deux autres camps étaient présents. »
« Qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce qu’on peut faire un Été jeunesse Gaspé 2.0 avec un autre comité de parents ?, se questionne la vice-présidente. L’important, c’est de comprendre l’offre et la demande et de discuter des possibilités pour trouver des solutions. On ne peut laisser des parents durant sept semaines sans endroit pour les enfants en été. C’est comme si on revivait le même problème que les CPE. »
Le camp Été jeunesse Gaspé doit aussi rencontrer les normes de l’Association des camps du Québec. Techniquement, il serait difficile d’ajouter des places pour le camp de cette année. « On ne pourrait pas accueillir plus d’enfants et maintenir la norme de sécurité », résume Marie-Ève Joncas.
La Ville n’a pas l’intention pour le moment de reprendre sous son aile la gestion des camps de jour. « On n’en est pas là. La Ville offre des aides financières et techniques. Pourquoi durant 10 mois, le réseau scolaire s’occupe de ces enfants et en été, le milieu municipal devrait s’en occuper ? Il y a une question philosophique à se poser. Changer un système qui fonctionne habituellement très bien par des bénévoles ? Un service institutionnalisé au final pourrait coûter plus cher et moins bien livrer la marchandise », réfléchit tout haut le maire.
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