Ben Nesrallah – auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste néo-classique, électronique et folk – fait bonne impression depuis qu’il a déposé ses valises à Douglastown, l’an dernier, après quelques années à Sainte-Thérèse-de-Gaspé.
L’artiste polyvalent vient tout juste d’être nommé comme finaliste du Prix du CALQ – Artiste de l’année en Gaspésie. Ce prix, assorti d’un montant de 10 000 $, célèbre l’excellence et l’engagement des artistes de la région, toutes disciplines confondues.
« Ça fait du bien d’avoir une petite reconnaissance et ça me crée encore plus un sentiment d’appartenance », souligne le principal intéressé en entrevue avec Le Pharillon.

Spectacle immersif
En 2025, Ben Nesrallah a lancé l’album pour piano solo Métamorphose, lui qui est pianiste classique de formation. Cet opus était accompagné d’un spectacle immersif alliant projections filmiques, éclairages poétiques et échanges intimistes avec le public, ce qui a marqué les esprits, notent le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et Culture Gaspésie.
L’homme d’origine libano-canadienne explique que son spectacle regroupe des compositions de Métamorphose, mais aussi de son prochain album à venir, Esquisses gaspésiennes, incluant des pièces où il joue du oud (un luth arabe).
« Il y a toute une projection dans le spectacle, une mise en scène, des textes, des échanges avec le public. C’est aussi théâtral et visuellement très beau et captivant, avec des projections en filmage antique qui fait un peu partie de ma signature avec les photos et films en pellicule. J’aime ce mélange avec ma musique. Il y a beaucoup de moi dans ce spectacle. C’est tendre, humain, poétique et émotionnel. À date j’ai eu de beaux retours et ça fait du bien aux gens », explique-t-il.
Force est de constater qu’il a raison, comme en témoigne sa nomination comme artiste de l’année en Gaspésie. Ben Nesrallah n’a pas de date de tournée pour le moment, mais des démarches sont en cours. Quelques événements ponctuels sont tout de même au programme, comme une prestation le 25 avril au Musée de la Gaspésie dans le cadre du Festival d’arts littéraires de Gaspé.
L’artiste espère aujourd’hui bâtir quelque chose à long terme dans sa communauté d’adoption après avoir passé huit ans dans le milieu circassien. Sa passion pour la collaboration et l’improvisation l’a mené à créer avec plusieurs compagnies de cirque renommées, comme le Cirque Éloize (Saloon) et les 7 doigts de la main (Traces).
« J’étais musicien live et on partait à l’international dans les belles années, surtout avant la pandémie. C’est un rythme de vie très intéressant et très riche, mais j’avais de plus en plus le besoin de m’ancrer quelque part. »
« Je suis tombé en amour avec quelqu’un et avec le coin. Au début c’était la curiosité, mais j’ai vite réalisé que la Gaspésie était le lieu où j’avais envie de poursuivre ma carrière. C’est une région qui m’influence beaucoup et qui me parle. J’ai maintenant envie de partager mon art avec le plus de monde possible », conclut-il.
France Cayouette et Sylvain Rivière aussi
Les deux autres finalistes au Prix du CALQ — Artiste de l’année en Gaspésie sont France Cayouette et Sylvain Rivière.
La première est établie à Carleton-sur-Mer et déploie depuis près de 20 ans une œuvre poétique saluée pour sa finesse, sa lenteur habitée et son attention profonde au vivant. Son parcours, jalonné de nombreux recueils de poésie — en solo, en duo et en collectif — ainsi que de plusieurs publications, se caractérise par une exploration constante du dialogue entre le texte, l’image et le territoire. L’année 2025 marque une étape particulièrement féconde pour elle avec la parution du recueil Arbres debout sur nos paupières et la publication en Italie du livre d’artiste Les Voix, réalisé en collaboration avec la photographe de renommée internationale Alessandra Calò.
Le second est une figure majeure de la littérature gaspésienne, qui cumule plus de 45 ans de création et un corpus impressionnant de plus de 75 ouvrages. En 2026, année marquant à la fois ses 70 ans et ses 45 ans de publication, il poursuit son travail de mémoire avec la parution de l’ouvrage Wilbert Coffin, l’histoire qui ne veut pas mourir.
Le nom de la personne lauréate sera dévoilé le mercredi 3 juin, lors du lancement de la saison touristique, gourmande et culturelle à Petite-Vallée.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.