Météo changeante et avalanches : un cocktail dangereux
La neige et les conditions printanières ont attiré plusieurs skieurs hors-piste dans le parc national de la Gaspésie. Avalanche Québec
La fin de semaine de Pâques en Haute-Gaspésie a démontré à quel point il peut être périlleux de s’aventurer dans l’arrière-pays, même lorsqu’on est bien équipé.
Pendant la longue fin de semaine pascale, pas moins de trois interventions de sauvetage ont été effectuées dans le parc national de la Gaspésie. Il y’a d’abord eu une personne qui a dû être secourue après s’être blessée aux poignets.
Puis une deuxième intervention est survenue alors qu’un groupe de quatre personnes a été surpris par une avalanche dans le secteur du mont Lyall. Si trois membres du groupe ont été relativement épargnés, la quatrième personne a eu les deux jambes fracturées.
Finalement, une troisième situation d’urgence, impliquant encore une fois une avalanche, a nécessité une intervention des secouristes pour un skieur qui s’était fracturé la jambe après avoir été partiellement enseveli dans le secteur du mont Albert.

Conditions particulières
Du côté d’Avalanche Québec, on souligne d’abord que les tempêtes de neige successives ont rendu la pratique du ski hors-piste de printemps particulièrement attrayante. En contrepartie, les fluctuations de température rendent les conditions plus imprévisibles. « Les avalanches n’aiment pas les changements rapides, que ce soit l’addition de nouvelle neige, de pluie ou de la chaleur. Ce sont tous des éléments qui viennent déstabiliser le manteau neigeux », explique le prévisionniste Jean-François Michaud.
Dans le cas de la fin de semaine pascale, deux dépressions consécutives accompagnées de vents forts ont tout simplement surchargé le manteau neigeux, rendant les risques d’avalanche plus élevés.
Jean-François Michaud rappelle qu’il est crucial de toujours consulter le bulletin d’avalanche émis par l’organisme. « Je ne dirais pas nécessairement qu’il ne fallait pas se rendre en montagne, mais il faut choisir son terrain judicieusement. Quand le risque est élevé dans l’alpin, il peut être plus modéré dans le milieu forestier. Donc, il y a toujours moyen d’aller chercher un terrain qui est moins en pente, plus à l’abri. »
Les connaissances de l’endroit, l’équipement adéquat, le choix du terrain où s’aventurer et consulter les bulletins d’avalanche demeurent les meilleures options pour profiter des joies du plein air dans l’arrière-pays gaspésien en toute sécurité. « Le risque fait partie du sport, au même titre qu’un automobiliste qui décide de prendre la route dans des conditions météorologiques qui ne sont pas idéales. Tout est une question de faire les bons choix », conclut Jean-François Michaud.
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