Les services d’aide à l’emploi crient famine

Par Nelson Sergerie 10:15 AM - 6 avril 2026 Initiative de journalisme local
Temps de lecture :

Le CJE de La Côte-de-Gaspé a pour mission d'accueillir et d'accompagner prioritairement les personnes de 16 à 35 ans dans leurs démarches d'insertion socioprofessionnelle et citoyenne. Photo CJE de La Côte-de-Gaspé

Les organismes de services d’aide à l’emploi de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine arrivent à un point de non-retour alors que Québec leur impose une nouvelle compression de 225 000 $ pour le prochain exercice financier.

Depuis 2022, les budgets ne cessent d’être réduits, déplorent-ils. « La situation est telle que depuis 2022, on a perdu 1,2 million de coupures pour l’ensemble des organismes, explique le porte-parole régional et directeur du Carrefour jeunesse emploi de la Haute-Gaspésie, Michel Rioux. Ce sont des manques à gagner importants. On est conscient que la direction régionale a eu une coupure de 41 % de leur budget pour le développement du marché du travail. »

« Les coûts augmentent pour tout le monde, ajoute-t-il. L’inflation a été là pour tous. Les coupures ont des impacts directs sur les services, les ressources humaines et les collectivités. »

Stabilité et prévisibilité

Cette nouvelle compression pourrait se traduire par une foule d’éléments : de possibles bris dans l’offre de services pour les populations locales, des prestations de service en mode virtuel pour des clientèles vulnérables, la délocalisation des services d’employabilité en région, l’ajout de critères d’exclusion de certaines clientèles aux services publics, des difficultés de rétention du personnel, de la perte d’expertise terrain, la suppression de postes dans les organismes spécialisés, une compression des conditions de travail, une diminution du pouvoir d’achat et l’incapacité de suivre l’augmentation des coûts liés à l’inflation.

« Le ministère a redéfini le cadre d’intervention au niveau de l’employabilité, ce qui fait en sorte qu’on n’est plus en mesure de rejoindre les étudiants au diplôme d’études professionnelles, les travailleurs étrangers temporaires, les jeunes qui n’ont pas de numéro d’assurance sociale ou de jeunes travailleurs qui veulent se réorienter », note le porte-parole.

Les organismes demandent donc à la ministre de l’Emploi, Pascale Déry, de revoir les priorités budgétaires du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et d’assurer un financement adéquat et stable pour les services d’aide à l’emploi.

« Dans mon milieu, nous, la coupure montera à 48 %. Actuellement, l’aide financière que je reçois du ministère ne couvre même pas un salaire pour offrir une panoplie de services », montre Michel Rioux.

Ces nouvelles compressions surviennent alors que les statistiques sur l’emploi montrent depuis quelques mois une hausse du taux de chômage chez les jeunes.

« Si on est là et on n’est pas en train de se battre pour survivre, on va pouvoir éventuellement faire partie de la solution du marché du travail. C’est la prétention qu’on a », conclut le porte-parole.

Chaque année, près de 2400 jeunes de la région font appel à ses services, afin de se mettre en mouvement, de trouver un emploi ou de redéfinir leur parcours sur le marché du travail.  

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire également

Le trafic de stupéfiants s’invite à Rivière-au-Renard

Québec et Mi’gmaq négocient pour le saumon

Québec refuse de chiffrer ses investissements

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.