Les Premières Nations mi’gmaq de la Gaspésie et le provincial entreprendront prochainement des discussions sur la pêche au saumon afin notamment d’établir le contingent de capture autorisé dans un contexte où la ressource est plus rare.
Cette position risque de créer certaines frictions avec les pêcheurs sportifs qui devront cette année encore remettre à l’eau leur capture pour assurer la pérennité de l’espèce (le contingent quotidien de saumons est par ailleurs fixé à deux par jour dans la majorité des rivières de la province).
Les grands saumons étaient en baisse en moyenne de 60 % comparativement à l’an dernier sur les rivières Dartmouth, York et Saint-Jean selon le décompte de mi-saison effectué à la fin du mois de juillet. Le nombre de pêcheurs avait quant à lui diminué de 45 % au même moment. La saison avait été particulièrement difficile.

Ententes historiques
Dans les dernières années, différentes ententes étaient en place pour que les membres des communautés autochtones puissent effectuer des prélèvements.
Par exemple, à Gespeg, les membres exercent des captures de saumon sur les trois rivières de Gaspé. Un permis de pêche communautaire annuel délivré par le ministère de la Faune définit les modalités à des fins individuelles et communautaires.
L’an dernier, le nombre de filets maillants permis était de deux sur les trois rivières et la capture de grands saumons n’est autorisée que jusqu’à l’atteinte des contingents annuels prévus entre mai et juillet. Le nombre était établi selon les montaisons antérieures, en respect des seuils de conservations.
À Gesgapegiag, Québec a versé jusqu’à 1,3 million de dollars dans le cadre de l’entente conclue pour permettre une reprise partielle de la pêche au saumon au filet qui a pris fin le 31 mars dernier.
L’accord permettait une reprise de certaines activités de pêche au saumon sur la Cascapédia, selon des modalités du permis de pêche communautaire.
Dans les deux cas, « le ministère entamera également sous peu les pourparlers en lien avec le permis de pêche communautaire autochtone pour la saison 2026. Le permis de pêche communautaire autochtone permet une limite de captures qui n’est pas encore déterminée. La communauté est sensible à l’état de population du saumon atlantique », écrit-on par courriel.
Chasse à l’orignal
Un décret publié en mars dans la Gazette officielle du Québec confirme une entente de trois ans concernant la pratique des activités de chasse à des fins alimentaires, rituelles ou sociales pour Gespeg. Elle est un renouvellement de l’entente qui était en vigueur de 2022 à 2025. Plusieurs espèces sont visées.
Le Nation Micmac de Gespeg peut autoriser le prélèvement annuel d’au plus 18 orignaux, cinq cerfs de Virginie et 15 ours noirs. L’aire de pratique se situe à l’est de la route 299. Des particularités peuvent s’appliquer dans certains territoires comme les aires protégées. Généralement, la récolte s’effectue pendant la période de chasse régulière prévue dans la zone 1, mais l’entente prévoit d’autres dates au cours de l’année au besoin, si le contingent n’est pas atteint , précise le ministère.

À des fins alimentaires, rituelles et sociales
Dans son Plan de gestion du saumon atlantique 2016-2026, Québec rappelle que sur les terres où s’appliquent la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et la Convention du Nord-Est québécois, les pratiques de pêche des communautés autochtones sont encadrées par un régime particulier.
Pour d’autres communautés autochtones qui ne bénéficient pas d’un régime particulier issu de traités, le gouvernement cherche à faciliter la pêche à des fins alimentaires, rituelles ou sociales. Ces activités peuvent être encadrées par un permis de pêche communautaire ou par des ententes accordées par le ministre responsable de la gestion de la faune, selon des conditions convenues en collaboration avec les conseils de bande.
Selon les données disponibles au moment de la rédaction de ce plan décennal qui prend fin cette année, les prélèvements autochtones se chiffraient à environ 5000 individus annuellement.
Le ministère indiquait cependant que pour certaines rivières, les données de prélèvements autochtones sont incomplètes, « ce qui implique que cette estimation globale est probablement une sous-évaluation ».
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