Le château de sable de l’inclusion

Par Johanne Fournier 12:00 PM - 1 avril 2026
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Avril marque le 42e Mois de l'autisme au Québec. Photo tirée de Facebook (FQA)

Avril est de retour et, avec lui, le 42Mois de l’autisme au Québec. Le 2 avril marque la Journée internationale de sensibilisation à l’autisme, moment phare d’une mobilisation qui, cette année, prend une couleur particulière. Car, derrière les macarons colorés et les affiches bien intentionnées se joue quelque chose de plus profond : une lutte pour la survie des services qui soutiennent au quotidien les personnes autistes et leurs proches.

Le lancement officiel du Mois de l’autisme n’a pas lieu dans sa forme habituelle. La Fédération québécoise de l’autisme (FQA) et ses 16 associations régionales, dont Autisme de l’Est-du-Québec (ADEQ), ont choisi de se solidariser avec le mouvement « Le communautaire à boutte ». Une prise de position forte, qui envoie un message clair : on ne peut pas célébrer l’inclusion d’un côté et laisser s’effondrer les piliers qui la rendent possible de l’autre.

Ce geste de solidarité est cohérent. Il est parfaitement aligné avec le mot d’ordre de cette édition : « Affichons notre soutien ». Soutien aux personnes autistes, bien sûr, mais aussi soutien aux organismes communautaires qui, semaine après semaine, offrent des services que le réseau public ne peut ou ne veut pas toujours assurer.

Une inclusion qui s’érode

La FQA utilise une image qui frappe juste. « L’inclusion est un château de sable qui s’érode quand on ne le protège pas, écrit l’organisme dans son plus récent communiqué. Il faut sans cesse le consolider, voire parfois en reconstruire certaines parties. »

C’est une métaphore qui résonne bien au-delà du monde de l’autisme. Elle dit quelque chose d’essentiel sur la fragilité des acquis sociaux, sur la vigilance permanente qu’exige toute société qui se veut réellement inclusive. Les droits ne se maintiennent pas d’eux-mêmes. Les services non plus. Puis, quand le financement communautaire est menacé, ce sont les personnes les plus vulnérables qui en paient le prix en premier.

Des mots pour mieux comprendre

Sur le plan du contenu, la FQA mise, cette année, sur quelque chose d’apparemment simple, mais fondamentalement nécessaire : les mots. L’objectif est d’expliquer ou de réexpliquer ce qu’est l’autisme pour savoir comment en parler correctement, avec justesse, sans tomber dans les stéréotypes qui continuent de coller à cette réalité pourtant immensément diverse.

Car l’autisme, ce n’est pas un profil unique. C’est une constellation de réalités, de forces, de défis et de parcours qui n’ont souvent en commun que l’étiquette. Rappeler cette diversité, c’est déjà poser un acte d’inclusion.

Pour faire circuler ces messages, la FQA a conçu des outils concrets : signets, affiches, macarons. Des objets modestes, distribués par les associations régionales, mais dont la portée peut être réelle si on les utilise comme de véritables points de départ à la conversation.

Au-delà du symbole

Le vrai défi du Mois de l’autisme est de transformer la sensibilisation en engagement durable, de passer de l’affichage au financement, du symbole à la substance.

Cette année, la FQA et l’ADEQ nous rappellent que soutenir les personnes autistes, c’est aussi défendre les organismes qui les accompagnent. Afficher son soutien, soit. Mais surtout, le démontrer.

Depuis l’automne, la ville de Gaspé fait preuve d’inclusion : la nouvelle résidence Demeure Toi accueille 11 personnes adultes autistes. Chaque ville-centre de notre territoire devrait en faire autant.

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