Le hasard fait parfois bien les choses. Andrée-Anne Cloutier avoue candidement qu’elle n’avait jamais vraiment entendu parler de l’émission Épique à Télé-Québec avant de voir passer une annonce sur le Web à quelques jours de la date limite des inscriptions pour cette deuxième saison de téléréalité sportive qui allie semaine après semaines défis physiques et mentaux.
« J’ai vu qu’il y avait des sports d’aventure donc je me suis dit que ça avait l’air intéressant. J’ai monté notre petite équipe avec laquelle on fait souvent des aventures, sans vraiment savoir dans quoi on s’embarquait », explique celle qui a grandi à Gaspé avant de compléter sa formation Techniques de bioécologie, puis un baccalauréat en environnement.
La Gaspésienne habite d’ailleurs maintenant à Rivière-à-Claude. Travaillant l’été sur des petites fermes maraîchères pendant ses études, elle en a eu la piqûre et a démarré avec son conjoint de l’époque la Coop du Cap, à Cap-au-Renard, où elle travaille toujours.
Trêve de tergiversations. Andrée-Anne Cloutier s’est donc inscrite à Épique avec Joseph Huard, un ami de Gatineau rencontré à Gaspé pendant qu’il étudiait en Techniques du tourisme d’aventure, et Nicolas Rannou, un autre ami amateur de plein air rencontré au détour d’une randonnée en Gaspésie.

La versatilité
Force est de constater que le trio avait des aptitudes complémentaires puisque l’équipe ROSE – chaque formation est définie par sa propre couleur – a remporté les grands honneurs de la compétition avec à la clef une coquette somme de 60 000$.
Un exploit d’autant plus remarquable que – comme le chantait une célèbre chanteuse, Gaspésienne elle aussi; Laurence de son prénom – le trio a dû prendre le plus long corridor. La production d’Épique a décidé cette année d’ajouter une septième équipe à l’aventure, mais de la faire arriver seulement après une semaine de défis, histoire de déstabiliser les concurrents et d’amener une autre dynamique. La tâche a été confiée à l’équipe ROSE.
« Pas longtemps avant le début du tournage, on nous a annoncé qu’on allait arriver à la deuxième région seulement, explique Andrée-Anne. C’était particulier parce qu’on savait qu’on arriverait dans la compétition avec une synergie de déjà formée entre les six autres équipes de départ. J’étais déçue d’avoir manqué l’étape de cohésion initiale et je me disais que ça allait peut-être pas faire l’affaire des autres. On s’est habitués, mais j’ai senti que ça n’a pas été à notre avantage d’arriver par la suite. On avait peut-être un peu une cible dans le dos. »
Qu’à cela ne tienne. Leur arrivée s’est bien déroulée aux Îles-de-la-Madeleine et ils ont évité les obstacles sur leur chemin jusqu’à l’épreuve finale, au mont Tremblant, dans un froid polaire avoisinant les -30 °C.
« Il y a toujours un stress. Toutes les équipes étaient vraiment fortes et comme c’est autant physique que cognitif, il n’y avait rien de gagné à l’avance. On était dans l’esprit d’être contents d’être là et d’être dans le plaisir », note la Gaspésienne. La stratégie aura été profitable, puisqu’ils ont été couronnés champions de cette deuxième saison.
Mais quelle est la plus grande qualité selon elle pour participer à ce genre d’aventure? « La versatilité, répond-t-elle sans hésiter. Le plus tu es diversifié, le mieux c’est. On peut compter sur nos coéquipiers, mais à partir de l’avant-dernière région c’est en individuel alors on ne peut plus s’appuyer sur les autres. »
Andrée-Anne Cloutier ressort de son défi avec un bagage riche d’expériences et de rencontres humaines. « Ça peut inspirer les téléspectateurs de voir des gens de la vie normale se dépasser dans des épreuves. L’aventure elle-même, c’était vraiment chouette avec des découvertes de coins du Québec incroyables et pleins d’humains qu’on n’aurait sûrement jamais rencontrés autrement. C’est sûr que je regarde la prochaine saison! »
Télé-Québec a d’ores et déjà annoncé qu’une troisième saison sera produite.
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