Les données du dernier relevé scientifique brossent un portrait en demi-teinte pour le crabe des neiges de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent.
Si plusieurs zones affichent des signes encourageants, la zone 17, qui s’étend de Rivière-du-Loup à Rivière-à-Claude sur la rive sud ainsi que de Tadoussac à Pointe-des-Monts sur la rive nord, inquiète les scientifiques.
« On estime que les stocks sont en hausse, surtout dans les zones 15 et 12C », explique Sarah Loboda, biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli. La zone 15 s’étend de la pointe de Kégaska sur la Côte-Nord jusqu’à la frontière du Québec et du Labrador. La zone 12C est définie par des coordonnées précises au large des côtes du Nouveau-Brunswick et du Québec.
Quant à la zone 17, elle atteint sa valeur la plus basse depuis l’an 2000. Le réchauffement des eaux y réduit l’habitat favorable au crabe et les prélèvements recommandés pour 2026 se limitent de 1000 à 1200 tonnes.

Nouvelle méthode de recommandations
Cette année, les scientifiques ont adopté une approche plus quantitative pour formuler leurs propositions de prélèvements, fondée sur une régression linéaire de l’indicateur combiné. « Ça a très bien passé en évaluation des stocks », se réjouit la scientifique de Pêches et Océans Canada. Un système de bonus-malus tenant compte de la taille des crabes vient moduler les résultats.
La grande priorité demeure le développement d’une approche de précaution standardisée pour les neuf stocks, applicable dès 2027. « L’idée est vraiment dans un souci de durabilité de la ressource », souligne Mme Loboda. L’industrie, les pêcheurs et les communautés autochtones sont associés à la démarche pour en assurer l’adhésion.
Pour les crabiers, l’espoir pointe à l’horizon
Cette année, le quota de crabe des neiges fixé pour la zone 17 atteindra un niveau historiquement bas. Les crabiers pourront capturer 1130 tonnes métriques, soit le quota le plus faible jamais établi dans cette zone.
Le président de l’Association des crabiers de la zone 17 n’est pas étonné des résultats du dernier relevé scientifique. « Ça vient confirmer ce qu’on avait vu sur le terrain pendant notre saison de pêche », indique Marc Doucet. L’Association participe elle-même aux relevés scientifiques à l’automne, ce qui lui permet d’anticiper les tendances avant les annonces officielles.

La relève cogne à la porte
Malgré ce creux historique, les pêcheurs gardent le moral. « La relève se fait sentir et elle est juste au bord de la porte, elle cogne pour rentrer », illustre le crabier de Rimouski. Une importante cohorte de crabes juvéniles devrait intégrer la pêche commerciale dès 2027, laissant présager une reprise du cycle.
En parallèle, les scientifiques et les pêcheurs travaillent conjointement à l’élaboration d’une approche de précaution pour mieux encadrer les décisions futures. « Ça va enlever un niveau d’incertitude », croit M. Doucet, qui espère que cette nouvelle méthode permettra de connaître les orientations de quota dès décembre, plutôt qu’en février.
Au moment d’écrire ces lignes, la date d’ouverture de la saison de pêche n’était pas encore connue, pas plus que le prix au débarquement.
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