Ces derniers jours de mars marquent la fin du Mois de la prévention de la fraude. La Sûreté du Québec (SQ) et la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) ont multiplié les campagnes de sensibilisation. Un rappel utile, mais qui devrait s’étirer bien au-delà du calendrier : les fraudeurs, eux, ne connaissent pas de saison.
Vous faites défiler votre fil d’actualité ou vous naviguez tranquillement sur Internet. Une publicité attire votre attention. Vous cliquez… et vous tombez dans le panneau. Ce scénario se répète des milliers de fois par jour au Québec. Les faux commerçants qui promettent des rabais alléchants sur des articles dernier cri savent exactement comment appâter leurs victimes. Leurs boutiques en ligne semblent légitimes, leurs photos sont soignées, leurs prix sont irrésistibles. Le problème, c’est que la marchandise n’arrive jamais ou arrive contrefaite.
En pleine guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, un nouveau stratagème se répand : des sites qui vantent des produits « locaux » ou « québécois »… fabriqués en Chine! L’Office de la protection du consommateur a déjà tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. La règle d’or reste la même: si une offre est trop belle pour être vraie, c’est qu’elle n’est probablement pas vraie.
Comment débusquer un faux vendeur?
Quelques réflexes simples peuvent vous éviter bien des déboires. D’abord, vérifiez si le vendeur affiche ses coordonnées complètes. L’absence de numéro de téléphone, de courriel ou d’adresse physique, c’est déjà suspect. Si, en plus, il ne répond pas à vos messages, fuyez!
Ensuite, renseignez-vous sur l’origine de l’entreprise. Est-elle enregistrée au Québec? Le Registre des entreprises du Québec est accessible à tous et permet de valider l’existence légale d’un commerçant en quelques secondes. Lisez aussi attentivement la description du produit. Un vendeur sérieux fournit les dimensions, les matériaux, le poids. Des informations floues ou incomplètes doivent vous mettre la puce à l’oreille.
Consultez également la politique d’échange et de remboursement. Des conditions vagues ou inexistantes peuvent vous laisser prisonnier d’un achat que vous regrettez. Enfin, si le vendeur exige un paiement par virement Interac plutôt que par carte de crédit, un signal lumineux devrait s’allumer. La carte de crédit offre une protection supplémentaire : en cas de fraude, vous pouvez demander une rétrofacturation à votre émetteur.
Quand l’amour devient un piège
La fraude ne se limite pas aux achats en ligne. La SQ a récemment mis en garde la population contre un stratagème particulièrement cruel : la fraude amoureuse. Plusieurs personnes se sont présentées à l’aéroport régional de Mont-Joli pour accueillir un prétendu amoureux rencontré en ligne. Mais, le valentin en question n’est jamais descendu de l’avion… parce qu’il n’existait pas!
Le scénario est toujours le même. Un inconnu prend contact sur les réseaux sociaux ou sur un site de rencontres. Il prend des semaines, parfois des mois, à tisser un lien de confiance, à partager des confidences, à alimenter l’espoir d’une rencontre. Puis, viennent les demandes d’argent : achat d’un billet d’avion, frais de douane, urgence médicale, problème bancaire. La victime paie et attend quelqu’un qui ne viendra jamais.
Le conseil de la SQ est simple et sans équivoque : ne jamais envoyer d’argent à une personne rencontrée uniquement en ligne. En cas de doute, il faut en parler à un proche. Un regard extérieur voit souvent plus clairement ce que l’émotion obscurcit.
Parlez-moi d’amour
Pour aborder ces enjeux avec sensibilité, le Théâtre Déchaînés présente un peu partout au Québec la pièce Parlez-moi d’amour, qui traite de maltraitance financière et de fraude amoureuse envers les personnes aînées. Construite à partir de témoignages réels, la pièce aide à comprendre l’impact dévastateur de ces abus, trop souvent vécus dans la honte et le silence. Le spectacle gratuit sera notamment présenté à Matane le 11 avril. Une occasion à ne pas manquer!
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