Grève possible au Manoir St-Augustin
La convention collective est échue depuis le 1er avril 2024. Photo Jean-Philippe Thibault
La soixantaine d’employés syndiqués à la CSN du Manoir St-Augustin de Gaspé lancent un avertissement : si l’employeur – le Groupe Corev – ne rejoint pas leurs demandes salariales, une grève générale pourrait frapper l’établissement bientôt.
La convention collective est échue depuis avril 2024 et les négociations se sont amorcées il y a un an.
« Ce qu’on demande, c’est 16,5 % [d’augmentation salariale] sur quatre ans ou 20 % sur cinq ans. Ce qu’on nous offre, c’est ridicule : 0,45 $ la première année et 0,40 $ pour les années subséquentes sur quatre ans. Ça ne suit même pas l’inflation », lance de but en blanc la présidente du syndicat, Sophie Lapierre.
Ce que demandent les syndiqués est semblable à ce qui s’est accordé ailleurs au Québec, précise-t-elle. « Ce qu’on a comme information, c’est entre 16,5 % et 18 % sur quatre ans. On a une marge. Ça n’a pas de sens de ne pas avoir le similaire pour les mêmes types d’emplois. » Rien n’est exclu à ce moment pour tenter de trouver une entente rapidement.
« Il faudra s’asseoir avec nos membres. Ce n’est probablement pas suffisant. Oui, ça pourrait aller sur un mandat de grève dans les prochaines semaines. S’il le faut, ça sera la grève », évoque Sophie Lapierre. « Mais ils ne sont pas pressés [de conclure une entente]. Comme s’ils ne nous prenaient pas au sérieux. »

Employés au salaire minimum
Selon le syndicat, le Groupe Corev a mis la main sur le Manoir St-Augustin après les difficultés vécues par le Groupe Sélection. L’organisation ne se sent toutefois pas responsable des erreurs de l’ancienne administration.
« Ce n’est pas aux employés de payer pour les erreurs des anciens propriétaires. Réseau Sélection a eu beaucoup de difficultés en dernier. On sait qu’il a fait de mauvais choix à la fin et [Le Groupe Corev] tente de nous faire payer les erreurs », analyse la présidente du syndicat.
Le Manoir St-Augustin compte 120 résidents, dont une quarantaine de places en ressource intermédiaire nécessitant des soins particuliers. Selon le rôle d’évaluation foncière, la valeur imposable du bâtiment est de 4,6 millions de dollars. Le propriétaire a contracté une hypothèque de 3,7 millions en novembre.
« On presse l’employeur de régler. Je pense qu’on a de bons arguments, note pour sa part le conseiller syndical à la CSN, Benoit Cayouette. On ne demande pas la Lune. On demande l’équivalent de ce qui est négocié ailleurs au Québec et qui s’est réglé. Ailleurs, c’est 34 résidences pour personnes aînées en négociations coordonnées. Certaines sont réglées. Nos travailleuses à Gaspé ne méritent pas moins qu’ailleurs au Québec. »
Le syndicat représente les employés d’entretien, les cuisiniers et aides-cuisiniers, les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires et les secrétaires de l’établissement.
Les travailleurs gagnent entre le salaire minimum (16,10$) et 25 $ de l’heure pour ceux qui ont 11 ans de service. Le volet normatif de la convention est cependant réglé. Le dossier achoppe essentiellement sur l’aspect salarial, note le syndicat.
Le Groupe Corev n’avait toujours pas retourné nos appels au moment d’écrire ces lignes.
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