Les musées excentrés encore pénalisés

Par Jean-Philippe Thibault 4:00 PM - 19 mars 2026
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L'exposition Pierre Fortin : Mission Saint-Laurent est toujours présentée au Musée de la Gaspésie. Photo Jean-Philippe Thibault

Le Regroupement des musées régionaux de l’Est-du-Québec accueille favorablement la pérennisation et l’augmentation de l’enveloppe du Programme d’aide au fonctionnement des institutions muséales (PAFIM).

Celle-ci a été bonifiée de 25 millions de dollars, soit 5 millions de plus par année durant cinq ans. « Nous tenons à remercier l’ensemble des partenaires gouvernementaux d’avoir entendu une partie de notre appel », note d’emblée le porte-parole du Regroupement et directeur général de Musée de la Gaspésie, Martin Roussy.

« Les nouveaux crédits nous donnent de l’air, sans toutefois corriger l’écart structurel entre un musée situé dans un grand centre et un musée situé à des centaines de kilomètres des grands pôles urbains, poursuit-il. Sans supplément pour l’éloignement, les musées en régions éloignées doivent continuer de faire “plus” avec “moins”. »

Pas le même dollar

Une première bonification de 4,5 millions du PAFIM avait été annoncée en décembre pour les 120 institutions muséales concernées. Elle se répercutait en une aide supplémentaire de 43 000 $ pour le Musée de la Gaspésie. La valeur d’un dollar en région excentrée n’est toutefois pas la même qu’à Montréal, rappelle le Regroupement.

« Il y a le transport, l’enjeu de déplacement pour la personne-ressource qui souvent se trouve en ville. Au final, pour tous les musées en région éloignée, c’est 35 % du dollar qu’on reçoit qui se perd en chemin. C’est cette iniquité structurelle qu’on aurait aimé qui soit réglée », a précisé Martin Roussy sur les ondes de Première Escale à Radio-Canada.

« C’est comme si on donnait un seau à quelqu’un dont le bateau est en train de couler. On reste à flot, mais la fuite est encore là. Le soulagement est grand, mais il y a encore du travail à faire. »

La disparité régionale est déjà appliquée par le gouvernement dans son évaluation de ses coûts d’infrastructure, souligne Martin Roussy. « Si je construis un bâtiment de 1 million à Montréal, je sais que ce même projet à Gaspé vaut 1,25 million. On demande à ce que ce soit appliqué de la même manière au monde vivant comme la culture. »

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