La peine de Bruno-Pierre Godbout sera connue en mai
Bruno-Pierre Godbout alors qu'il siégeait au conseil municipal de Chandler. Ariane Aubert Bonn
C’est le 1er mai que l’ex-conseiller municipal du quartier Newport de Chandler connaîtra son sort. Bruno-Pierre Godbout avait plaidé coupable le 20 janvier à 6 des 12 chefs d’accusation qui pesaient sur lui.
Les représentations sur sentence ont eu lieu le 17 mars devant le juge Richard Côté.
La Couronne réclame six ans de prison alors que la défense suggère plutôt une peine de 30 mois. Bruno-Pierre Godbout avait plaidé coupable à un chef d’agression sexuelle, un chef de voies de fait armées, deux chefs de voies de fait et deux autres de harcèlement criminel.
Avant de procéder sur la peine à suggérer au juge, la Couronne a d’abord lu une déclaration d’une des victimes qu’on ne peut identifier en vertu d’une ordonnance de non-publication.
La dame note que les gestes posés par Godbout ont bouleversé sa vie. Les conséquences l’accompagnent encore aujourd’hui. Elle s’est dite brisée, ressentant une honte et un sentiment d’impuissance, doutant même de sa valeur. La blessure profonde des actes l’habite toujours, a-t-elle expliqué.
Une deuxième victime s’est adressée à la cour. Amorçant sa déclaration en lançant un Bruno bien senti, elle a indiqué que ses coups ne l’ont pas tuée et qu’elle ne se tient plus la tête baissée, précisant qu’elle peut enfin parler des gestes posés. Elle a ajouté qu’il ne pouvait plus l’empêcher de parler après huit ans de terreur, évoquant une série de qualificatifs peu élogieux dans un témoignage parfois émotif.
C’est durant une grossesse issue d’une autre relation qu’elle a dit comprendre l’étendue de l’horreur vécue. Le juge a souligné le courage de la victime après son témoignage.
Les suggestions
La Couronne suggère donc une peine de six ans, soulignant notamment les gestes intrusifs à caractère sexuel et des conséquences importantes, les contraintes psychologiques, la répétition des actes et la violence dans un contexte d’abus de confiance et un risque de récidive modéré. Son besoin de contrôle ne serait pas encore maîtrisé, selon la poursuite.
La défense demande plutôt 30 mois de prison, un suivi de 18 mois et une probation d’un maximum de trois ans avec diverses conditions et des interdits de contact envers les victimes.
Dans les facteurs atténuants, la défense note les traitements suivis en détention pour une réinsertion sociale et pour gérer ses impulsivités et ses dépendances à l’alcool, qui seraient en partie la source de ses problèmes de comportement, notamment un besoin de contrôle.
La défense rappelle aussi le fait que Bruno-Pierre Godbout a plaidé coupable – évitant aux victimes de devoir témoigner – qu’il n’a pas brisé ses promesses de remise en liberté lors des premières accusations et que des changements importants dans sa vie ont opéré depuis, dont le support de ses proches et notamment de sa conjointe de ses cinq dernières années. Le fait qu’il n’a pas de dossier criminel et la médiatisation liée à ses gestes ont aussi été mentionnés.
L’ex-élu est détenu depuis son arrestation, le 15 avril 2025. Les deux parties se sont entendues sur une détention préventive de 17 mois, dans un pénitencier fédéral. Le juge rendra sa décision le 1er mai.
Quant au dossier de fraude de moins de 5000 $ pour de faux remboursements de frais en 2021 à la Ville de Chandler, il a été remis à la même date.
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