Avec la collaboration de Jean-Philippe Thibault – Ottawa a finalement annoncé le 11 mars son intention de ramener le Fonds des pêches du Québec, qui venait à échéance le 31 mars.
C’est tout un soulagement dans le milieu alors que plusieurs pêcheurs, industriels et organisations de recherche gravitant dans le secteur attendaient impatiemment le retour de ce programme qui avait été promis par les libéraux, mais qui ne se retrouvait pas noir sur blanc dans le dernier budget.
Le Fonds des pêches du Québec a permis de réaliser 195 projets avec les 42,7 millions de dollars qui avaient été mis sur la table depuis 2019. Il a permis de stimuler l’innovation, le développement et l’adaptation dans le secteur des poissons et des fruits de mer.
« On a finalement eu gain de cause et c’est une victoire pour tout le secteur des pêches du Québec », se réjouit le député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes. L’élu en avait fait un cheval de bataille dans les derniers mois. Tout un bloc avait été réservé à ce sujet lors du plus récent colloque des pêches organisé par le parti aux Îles-de-la-Madeleine au début du mois de mars, auquel participait le chef Yves-François Blanchet. Une autre sortie conjointe avait été faite quelques mois plus tôt à la marine de Gaspé. La reconduction du programme est donc saluée.
« C’est une victoire pour tous les acteurs qui ont travaillé ensemble, ajoute Alexis Deschênes. On a fait un front commun en novembre à Gaspé. Au colloque aux Îles-de-la-Madeleine, on a encore eu une demande unanime de renouveler le Fonds des pêches. Il y a aussi l’AQIP [l’Association québécoise de l’industrie de la pêche] qui a mis tout son poids. Finalement, le gouvernement libéral respecte sa promesse. »
Dans les faits, ce qu’Ottawa a annoncé est la reprise des négociations avec Québec pour établir une version 2.0 du programme. Dans la première mouture, Ottawa a financé 70 % du fonds et Québec complétait avec l’autre 30 %. Le gouvernement Carney en avait fait une promesse électorale, en disant vouloir bonifier le tout de 20 %. Si la promesse tient la route, le fonds disposerait alors d’une enveloppe de quelque 51 millions de dollars.

Satisfaction face à l’annonce
L’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie (ACPG) se montre elle aussi satisfaite de l’annonce faite par Ottawa. « C’est un grand soulagement pour nous. Ça va nous permettre de continuer les travaux amorcés. Ça va nous permettre de lancer d’autres travaux également. On est vraiment contents », note le directeur, Claudio Bernatchez.
Québec a toujours montré une forme d’ouverture pour faire sa part dans le fonds. « On nous dit depuis des mois qu’on sera au rendez-vous lorsque le MPO [Pêches et Océans Canada] va faire son annonce. On peut penser que ça va se faire assez rapidement pour qu’on n’attende pas trop après le 1er avril pour soumettre de nouveaux projets. »
Les capitaines propriétaires espèrent que le fonds sera minimalement aussi généreux qu’à sa première mouture. « Comme toutes choses, les coûts d’exploitation et d’acquisition des équipements ont augmenté depuis sept ans. On peut au moins espérer que les 42,7 millions seront un minimum. On penser que ça pourrait être un peu plus », souhaite Claudio Bernatchez.
Appelé à réagir, l’adjoint gouvernemental au ministre québécois des Pêches, le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, n’était pas en mesure de commenter dans l’immédiat, l’annonce étant toute fraîche au moment d’écrire ces lignes. La semaine précédente, l’élu avait toutefois ouvert la porte à une collaboration alors qu’il était questionné en entrevue éditoriale avec Le Pharillon sur le Fonds des pêches du Québec dont la confirmation se faisait toujours attendre par Ottawa.
« Mon sentiment est quand même positif. Je suis confiant puisque le résultat de ce fonds-là est très concret et qu’il y a un intérêt de l’industrie et des provinces. Il faut se donner ses moyens-là. Je ne vois pas pourquoi on irait pas de l’avant. Les provinces sont toutes favorables à leur quote-part alors là-dessus il n’y a pas d’enjeu. Ça serait un drôle de signal à envoyer aux communautés de l’est que les pêches ne peuvent pas se donner cet outil-là, sinon ça ferait beaucoup de bruit. Le retour sur l’investissement, il est là. »
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