Réhabilitation du rail entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé

Éric Dubé fatigué de se battre contre Québec

Par Nelson Sergerie 3:20 PM - 11 mars 2026 Initiative de journalisme local
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Un train de marchandises. Photo Anthony Bernard Prince

Alors que les deux candidats à la course à la direction de la CAQ ne prennent pas d’engagement ferme pour terminer la réhabilitation du rail entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé, le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) est las d’entendre les élus provinciaux réclamer un plan d’affaires pour justifier l’investissement.

« On commence à être fatigués d’entre ça », affirme d’entrée de jeu Éric Dubé appelé à commenter les propos de Christine Fréchette et de Bernard Drainville lors de leur passage en Gaspésie le 11 mars.

« On travaille depuis plus de 10 ans avec le ministère des Transports qui a vu l’évolution de ce qu’on a fait et de ce qu’on transporte, car on reçoit de l’aide financière pour faire l’exploitation pour offrir le service de transport de marchandises. »

Il rappelle que l’usine de LM Wind Power ne disparaitra pas du jour au lendemain. Malgré les déboires avec les pales de 107 mètres pour le marché extra-côtier, la production actuelle pourrait partir par rail de Gaspé.

« Ils produisent des pales qu’ils envoient par bateau, car le rail ne se rend pas à Gaspé. Nous, on a fermé le centre de transbordement de New Richmond, car on s’en allait à Port-Daniel. On va s’en réinstaller un là, mais tout ça, c’est du temps et de l’énergie perdue, car LM va toujours rester un client », ajoute Éric Dubé.

Métaux Osisko, qui souhaite relancer la mine de cuivre de Murdochville, a aussi affirmé que son acheteur prioritaire, Glencore, aura besoin du rail si il décide de traiter le cuivre au Québec. L’entreprise aura besoin de la voie ferrée pour transporter la ressource jusqu’à la fonderie Horne de Rouyn-Noranda si les activités reprennent au tournant des années 2030.

« Je ne sais plus qui doit poser la question à qui et ce que ça prend comme lettre pour justifier tout ça. J’ai l’impression de vivre le jour de la marmotte et de recommencer du début, il y a 12 ans », laisse sèchement tomber le président de la SCFG.

Éric Dubé. Photo Jean-Philippe Thibault

Une occasion ratée

Pour Éric Dubé, l’occasion était belle pour les deux candidats à la course à la direction de se prononcer clairement pour terminer la réfection du rail.

« Ça fait longtemps qu’on se bat. On aimerait passer à autre chose. Ça commence à faire longtemps qu’on veut le régler. Il y a deux tiers de fait [entre Matapédia et Port-Daniel-Gascons]. Il y a plus de 120 millions investis sur le troisième tronçon. Qu’on veuille faire différemment pour que ça coûte moins cher, c’est ok. Mais il faut que l’engagement primaire reste », réclame le président.

Dans le meilleur des scénarios, en étant réaliste, un train ne pourrait atteindre Gaspé qu’à la fin de la décennie. « On était dans un horizon de 2028 et on va perdre deux ans minimalement. Oui… Je ne vois pas par quel miracle on pourrait nous promettre qu’on sera à Gaspé en 2028 », calcule celui qui est aussi maire de New Richmond.

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