Au même moment où Christine Fréchette visitait la Baie-des-Chaleurs, Bernard Drainville était à Gaspé pour rencontrer des militants de la CAQ et pour prendre le pouls du terrain en compagnie de son homologue Stéphane Sainte-Croix, qui l’appuie officiellement dans la course à la chefferie.
L’aspirant premier ministre a notamment profité de l’occasion pour faire un saut au Chantier Naval Forillon. Député de Lévis et originaire de Sorel – deux endroits dont la tradition est fortement ancrée dans le maritime – Bernard Drainville a pu visiter les installations qui accueillent maintenant une partie de la formation bilingue en construction navale qu’il a aidé à mettre sur pied à titre de ministre de l’Éducation.
« Il y a peu d’endroits où ce programme est donné et je suis fier de dire que des travailleurs vont venir se former ici à Gaspé et vont pouvoir participer au renforcement du secteur naval. »

Question d’immigration
Le Chantier Naval Forillon compte actuellement 12 travailleurs étrangers temporaires (TET) ; des soudeurs principalement de la Tunisie et de la France. Tous parlent parfaitement français.
Si l’entreprise a pris l’habitude d’octroyer des contrats de travail de trois ans, seulement deux ont pu renouveler le leur pour le moment. Les autres devront quitter avec toute leur famille vers la fin de l’année, si rien ne bouge avec les nouvelles règles du jeu en immigration.
Bernard Drainville a saisi la balle au bond pour réaffirmer qu’il ferait preuve de souplesse s’il est nommé à la tête du parti. « Les employés comme ici devraient avoir un droit acquis et passer devant les autres parce qu’on en a besoin. On a rencontré un soudeur tunisien par exemple qu’on devrait garder parce que ce sont des expertises rares. Le manufacturier fait partie des secteurs prioritaires pour lesquels il y aurait un droit acquis. Si je deviens chef de la CAQ, c’est certain que la question du droit acquis va être une priorité. Il faut garder ces travailleurs chez nous, comme ici. »
Les secteurs de la santé, de la construction et de l’éducation seraient aussi visés par ces droits acquis.
L’éternel chemin de fer
Pour la réfection du chemin de fer entre Port-Daniel-Gascons – qui continue de faire couler beaucoup d’encre – Bernard Drainville est au diapason avec son ministre des Transports Jonatan Julien qui attend d’avoir une opportunité d’affaires concrète pour injecter les quelque 400 millions de dollars encore nécessaires pour parachever le tronçon.
« Ce qu’on attend, c’est de savoir si les besoins industriels et économiques vont être au rendez-vous. General Electric doit préciser ses intentions. C’est certain que si le projet d’Osisko va de l’avant, ça devient beaucoup plus facile de justifier de gros investissements sur le troisième tronçon, d’aller cogner à la porte du Trésor pour prioriser ce projet […] C’est d’abord un vecteur économique. »
Le député de Lévis est d’ailleurs visiblement enchanté des progrès réalisés à Murdochville pour la relance du cuivre par Métaux Osisko, étant d’avis qu’il s’agit d’une bonne carte dans la main pour aller de l’avant avec la réfection du rail.
« Ça deviendrait un pilier économique et minier pour tout le Québec. Ça devient un projet pas juste gaspésien, ça devient un projet d’intérêt national pour le Québec. Je surveille ça avec beaucoup d’attention. C’est saprément bien parti et ce sera de plus en plus facile de justifier la réfection du chemin de fer. »
La carte électorale
S’il n’en tenait qu’à Bernard Drainville, la Gaspésie conserverait ses deux circonscriptions. « Il n’y a pas de discussion là-dessus. C’est une nécessité. On ne peut pas dire que les régions sont importantes et quand arrive le temps de faire des choix, les affaiblir. Politiquement, ça ne se peut pas. On a besoin d’une Gaspésie forte au sein de l’Assemblée nationale. »
Il soutient l’idée d’augmenter le nombre de députés de 125 à 127. Il trouve d’ailleurs aberrant que l’enjeu des distances à parcourir ne soit pas pris en considération dans la refonte de la carte électorale. « Je suis étonné que ce critère ne soit pas davantage pris en considération. Ça aussi ça doit faire partie des critères pour déterminer combien de comtés devraient avoir une région. C’est une conviction que j’ai depuis des années. Il n’y a pas de compromis là-dessus. Je vais me battre pour ça. »
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