L’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement a obtenu un peu plus de 200 000$ de Québec afin de produire un livre pédagogique pour mieux prévenir les violences conjugales.
Le soutien réparti sur trois ans permettra de lutter contre les violences conjugales tous azimuts. « C’est un projet qui vise l’écriture d’un livre, d’un ouvrage pédagogique, pour colliger toutes les informations, mettre en place les assises nécessaires pour mieux dépister, intervenir, sensibiliser et prévenir les violences conjugales et les violences conjugales post-séparation, explique la conseillère et gestionnaire de projet pour l’Alliance, Nancy Gough. C’est un ouvrage de référence qui s’adressera à tout intervenant sur le terrain et peut-être même aux maisons d’enseignement pour la relève. »
Le dernier ouvrage du genre remonte à 1987. Il avait été écrit par Ginette Larouche. En 40 ans, la violence conjugale a beaucoup changé note Nancy Gough, qui a œuvré 35 ans à la Maison l’Émergence dans la Baie-des-Chaleurs.
« Il y a 40 ans, on n’avait pas toutes les mesures structurantes mises en place comme le tribunal spécialisé, le réseau des maisons d’aide et d’hébergement qui a été bonifié, la ligne Rebâtir [un service de consultations juridiques dédié exclusivement aux personnes victimes de violence sexuelle et de violence conjugale] ou encore un meilleur accompagnement des victimes dans le processus judiciaire. »

Encore du chemin
Il reste encore énormément de travail à faire pour contrer la violence conjugale. « On peut le confirmer avec la montée des féminicides, ajoute l’intervenante. On veut mettre en lumière dans l’ouvrage les pistes de solutions. Souligner l’importance d’un meilleur financement pour le réseau des maisons d’aide et d’hébergement qui sont au premier plan pour prévenir les féminicides et mieux accompagner les femmes qui subissent la violence conjugale et les enfants, poursuivre les efforts de prévention. »
Selon Nancy Gough, c’est l’affaire de toute une population. Un jour ou l’autre, de près ou de loin, une personne pourra être touchée par la violence conjugale. Malgré toute la sensibilisation, ce type de violence persiste.
« On doit réfléchir à de nouvelles pistes de solution. Est-ce qu’il y en a plus ? Il y a une trentaine d’années, on affichait 25 féminicides annuellement. On avait réduit ça à 10. Depuis la crise sanitaire, on est en moyenne à 15 femmes assassinées annuellement », constate la conseillère et gestionnaire de projet pour l’Alliance.
Malgré la médiatisation des cas, l’intervenante doute qu’il n’y ait un réel portrait de la violence conjugale.
« Il faut continuer d’en parler et que cette problématique nous préoccupe tous. Avec la montée du masculinisme et la jeune génération par exemple qui souhaite un retour aux valeurs traditionnelles de la femme à la maison, qui s’occupe des enfants, tout est remis en question. D’où l’importance de continuer les efforts en amont pour sensibiliser et prévenir la violence conjugale », conclut Nancy Gough qui a pris sa retraite en 2024.
Elle travaillera avec Monic Caron du Centre Louise-Amélie en Haute-Gaspésie pour réaliser cet ouvrage. Le livre devrait paraître vers 2029.
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