Jonatan Julien jette un pavé dans la mare sur la volonté de Québec de poursuivre la réfection du chemin de fer entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé.
L’affirmation venait suite à une question du député libéral Enrico Ciccone à l’Assemblée nationale, qui est le porte-parole du parti pour les dossiers de la Gaspésie.
« En 2020, la CAQ avait promis que le train se rendrait à Gaspé en 2025. Par la suite, le projet a été repoussé en 2026 et par la suite 2027. En 2025, le projet est disparu du Plan québécois des infrastructures. La CAQ a fait des promesses et comme d’habitude, elle n’a pas livré. Je me demande ce que le député de Gaspé en pense ? », a questionné le député de Marquette durant la période de questions à l’Assemblée nationale, le 25 février.
« Je suis allé avec la collègue [Catherine Blouin, députée de Bonaventure] pour rencontrer différents intervenants de la Gaspésie spécifiquement sur le train. Le dernier tronçon avait un plan d’affaires fortement lié avec LM Wind Power avec les éoliennes. Une fois que cette structure passe par du maritime, on se requestionne sur le troisième tronçon. Mais les autres avancent », lui a répondu le ministre des Transports, Jonatan Julien.

Incompréhension
Cette réponse étonne le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG), Éric Dubé.
« Il faut se rappeler que lorsque le gouvernement a réfléchi, c’était au budget 2025. On remonte à l’automne 2024. LM produisait des pales de 107 mètres pour des projets offshore qui ne pouvaient partir que par bateau. LM a eu des enjeux, mais ils sont revenus à une production de plus petites pales qui ont le potentiel de circuler sur le rail. C’est sur ça qu’on travaille pour justifier la pertinence de rénover le troisième tronçon. »
Lors de la rencontre avec le ministre en décembre à Maria, Éric Dubé rappelle que cette position lui avait déjà été présentée. « Oui, il y a du gros volume avec LM. Mais on a aussi d’autres entreprises qu’on sera capable de desservir. On pense souvent à ce qu’on peut exporter, sortir de la région, mais ça nous permet aussi de rentrer des intrants pour nos entreprises », ajoute le président de la SCFG
La Société travaille depuis plusieurs années pour compléter la réhabilitation du rail jusqu’à Gaspé.
« Politiquement, ça restera un enjeu. Il y a un défi budgétaire pour le gouvernement, on est capable de le comprendre. Mais on a tous les outils pour démontrer la pertinence et la nécessité de réhabiliter le rail. Il y aura un budget prochainement, le premier ministre changera d’ici avril. Il y aura une campagne électorale à l’automne. Ce sont toutes des opportunités qu’on va saisir », évoque Éric Dubé.
Des travaux sont tout de même effectués sur ce troisième tronçon entre Port-Daniels-Gascons et Gaspé, notamment sur les ponts de Grande-Rivière et Douglastown. Québec a investi quelque 150 millions de dollars sur le dernier tronçon jusqu’à maintenant.
La SCFG avait obtenu le feu vert de Québec le 22 décembre pour la reprise ferroviaire sur le tronçon entre Caplan et Port-Daniel-Gascons, après un investissement de tout près de 300 millions.
Le ministère des Transports avait prévu 517 millions pour le dernier tronçon, mais les appels d’offres sont sortis entre 150 millions et 200 millions de plus, selon ce qu’a indiqué la députée de Bonaventure, Catherine Blouin.
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