Sylvie Derasp a dû se battre contre la machine gouvernementale fédérale pour recevoir sa pension fédérale; un délai de trois mois qu’elle trouve inacceptable. Elle dénonce sa mésaventure pour en sensibiliser d’autres qui pourraient être aux prises avec une telle difficulté.
Ayant travaillé quelque 35 ans dans le secteur bancaire, la citoyenne de Gaspé amorce dès mai 2025 les démarches pour s’assurer que son dossier est à jour afin de pouvoir recevoir sa pension le mois suivant son 65e anniversaire, en octobre.
« En mai, je n’avais pas reçu le formulaire qu’on devait recevoir. J’ai appelé au bureau du fédéral et un monsieur m’a répondu et on a rempli le formulaire en ligne le 9 mai. Ma fête est en octobre et la pension devait entrer en novembre et je n’ai rien reçu. »
Devant ce constat, la dame appelle et l’agent lui dit au premier abord que des coupures ont amené des retards dans les paiements.
« Il m’a dit que ça peut prendre quelques jours, quelques mois, plusieurs mois; il ne pouvait pas me donner de date. Je sentais qu’il était désolé », indique-t-elle. En décembre, rien n’avait toujours été déposé dans son compte de banque.
« J’ai rappelé et on m’a dit que si personne ne vous rappelle, appelez le 12 janvier. J’ai eu la même réponse : on a du retard, on a plusieurs dossiers à régler », se fit-elle dire. Entre-temps, elle constatait dans les médias que le gouvernement avait des problèmes informatiques.
« Le 12 janvier, je ne voyais plus mes informations dans le système de Revenu Canada. Ça commençait à être inquiétant. J’ai rappelé pour demander ce qui se passait. Plus rien ne fonctionnait. La personne qui a répondu a dit qu’il y avait un problème informatique et de ne pas m’inquiéter. »
Le 19 janvier, toujours rien. Le préposé au téléphone indique n’avoir aucune date pour le dépôt, après un délai qui approche trois mois. « Le 23 janvier, la personne au bout de la ligne raconte avoir de gros problèmes informatiques et qu’on ne sait pas comment régler mon dossier. Je ne voyais plus mon dossier et là, je commençais à faire de l’anxiété », raconte la Gaspésienne.

Le député en renfort
Heureusement, Sylvie Derasp ne compte pas sur cette pension pour assurer ses besoins. Elle a par ailleurs porté plainte auprès de la personne qui lui a répondu. « Il a pris ma plainte et d’ici 24 heures, une personne devait me rappeler. Je n’ai jamais reçu de retour … »
Un ami lui suggère de passer par son député fédéral. Elle s’est alors fait dire par une adjointe du député Alexis Deschênes qu’elle n’était pas la seule à avoir des difficultés. Le lendemain de son appel à son élu fédéral, le dossier a rebondi à la Chambre des communes.
« Marie-Josée Lemieux [adjointe du député] a réussi à parler à quelqu’un au niveau des pensions et m’a dit que mon dossier serait réglé le 6 février. Finalement, au bout de trois mois, ils ont déposé trois mois [de paiements], mais sans intérêt ni lettre d’excuse. Je n’ai eu aucun retour d’appel du fédéral », déplore-t-elle.
Ayant travaillé au service à la clientèle durant 35 ans, elle pense aux gens qui sont moins habiles pour régler leurs dossiers. « J’ai perdu entre 12 et 15 heures juste à attendre au téléphone. Les gens qui ont de la misère, appelez fréquemment ou passez par le bureau de votre député », suggère-t-elle.
« C’est ridicule d’attendre une pension qui nous est due. C’est à nous. Quand on leur doit de l’argent par exemple, il faut payer et ils nous harcèlent. Il faut se battre », conclut Sylvie Derasp.
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