Le futur de la RéGÎM à risque?

Par Nelson Sergerie 9:00 AM - 18 février 2026 Initiative de journalisme local
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Certains trajets de la RéGÎM ont dû être modifiés en lien avec les coupes budgétaires de Québec. Photo Jean-Philippe Thibault

Aux prises avec une coupure estimée de 300 000 $ rétroactive à 2025 et qui s’applique pour les prochaines années, la Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (RéGÎM) tient une grande réflexion sur l’avenir du service.

Le président, Daniel Côté, note qu’il n’y a que deux choix possibles pour sa survie : mettre de l’avant la taxe sur l’immatriculation fortement suggérée par Québec ou une réduction importante des services.

Déjà, avec la coupe de 300 000 $, la RéGÎM a revu une partie de son réseau depuis le 2 février avec la réduction de certains parcours; des circuits où des réservations sont devenues nécessaires ou encore des correspondances pour se rendre à certains endroits.

« La grande question existentielle qu’on a mise sur la table et sur laquelle on se donne un ou deux mois supplémentaires est à savoir si on augmente nos revenus ou si on coupe dans nos services ? Lequel serait le moins préjudiciable pour la population ? », se demande le président.

La taxe sur l’essence rapporte 100 000 $ de moins chaque année depuis cinq ans avec l’électrification des transports.

« Il n’y a pas un million de sources [de revenus] potentielles. Chaque fois qu’on parle au gouvernement, ils nous disent qu’on nous a donné le pouvoir de taxer l’immatriculation. Allez vers là », explique Daniel Côté.

Une coupure de services serait plus sévère, estime-t-il. « Quand on aura les chiffres réels, on aura beaucoup plus de coupures si on ne va pas prélever de nouveaux revenus », constate le président. Mais taxer les plaques ne fait pas l’unanimité.

« Quand on a fait les premières réflexions, c’était unanime au conseil d’administration. Quand on le redescend dans les MRC, l’unanimité s’effrite. Je ne sais pas si les gens comprennent à quel point on est dans une impasse. »

Le président de la RéGÎM, Daniel Côté. Photo Nelson Sergerie

Pour augmenter l’autonomie

Les plus vulnérables seraient les perdants d’une coupure de service de la RéGÎM, de l’avis de plusieurs.

« Je suis de ceux qui pensent que ce système de transport répond à un besoin majeur, avec de grandes distances, où le vieillissement de la population s’accélère. Je ne pense pas que l’heure est à couper des services. L’heure est à la réflexion au conseil d’administration et aux MRC et on se donne deux mois au maximum pour voir ce qu’on fera en 2027 », soutient Daniel Côté.

Selon lui, le gouvernement caquiste n’a pas le transport collectif dans ses priorités. « Notre espoir politique résiderait après l’élection. D’ici là, on doit garder une offre de services en vie et on doit aller chercher de nouveaux revenus. On a plein de demandes d’augmentation de service et paradoxalement, on est peut-être à devoir en couper. »

Sur la coupure de 300 000 $ rétroactive à 2025, la RéGÎM n’a toujours pas de retour sur l’impact d’une déclaration du ministre Jonatan Julien qui disait que l’enveloppe budgétaire du programme sur le transport collectif n’avait pas été toute utilisée.

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