Des MRC de la Gaspésie demandent à Québec de remettre en place le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et de revoir les restrictions imposées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
Les MRC d’Avignon, de Rocher-Percé et de la Côte-de-Gaspé ont adopté le 11 février des résolutions en ce sens en soutien à l’Union des municipalités du Québec qui mène une croisade sur l’enjeu des travailleurs étrangers.
Pour plusieurs élus, c’est une question de maintien de plusieurs secteurs de l’activité économique de la Gaspésie qui dépend de la décision de Québec.
« Ce sont des gens qui viennent ici pour habiter notre région et répondre aux besoins de main-d’œuvre. Ils travaillent dans des domaines névralgiques pour notre économie : santé, pêches, tourisme; des secteurs forts de notre économie », constate le préfet du Rocher-Percé, Samuel Parisé.
L’élu mentionne que certains ont littérallement quitté la guerre et viennent étudier en Gaspésie. « Dans mes valeurs, lorsqu’on accueille quelqu’un sur le territoire, il faut le faire convenablement. Si on leur a fait des promesses, il faut les tenir », ajoute l’élu.
Dans Avignon, cette prise de position est avant tout une question d’équité, de cohérence et d’humanité, ajoutant que le Québec se construit avec ceux qui y travaillent, y vivent et y contribuent, jour après jour. Il est essentiel que les politiques d’immigration reflètent cette réalité, lance pour sa part le préfet d’Avignon, Mathieu Lapointe.
« On voit qu’il y a un problème. Ça amène des impacts concrets partout sur le territoire avec des travailleurs qui devront quitter le pays si c’est maintenu. »
La MRC demande notamment la mise en place d’une clause de droits acquis pour les orphelins du PEQ, l’abandon des restrictions imposées au PTET et l’instauration d’une clause de droits acquis pour les travailleurs concernés.
Dans la course à la chefferie de la CAQ qui oppose Christine Fréchette et Bernard Drainville, chacun propose de ramener le PEQ sous une version qui leur est propre.
« Il y a de bonnes nouvelles dans la course à la direction. Maintenant, ce qu’il faut, c’est rapidement une modification législative avant même la fin de la course », demande Mathieu Lapointe.
Les deux préfets ne sont pas en mesure d’établir clairement et concrètement l’impact direct d’un éventuel départ de ces travailleurs sur leur territoire.

La Côte-de-Gaspé aussi
La MRC de La Côte-de-Gaspé n’est pas en reste. Elle a aussi adopté une résolution pour exprimer son inquiétude pour la suite des choses en soutien aux travailleurs étrangers.
Le conseil des maires demande au gouvernement du Québec de permettre aux travailleurs et aux familles déjà installés sur La Côte-de-Gaspé de pouvoir bénéficier de leur certificat de sélection du Québec et permettre à ceux-ci de continuer à contribuer à l’économie de la région qui est en déficit de main-d’œuvre.
Le conseil demande de revoir les critères et les pointages accordés afin de tenir compte réellement des besoins de chaque région et de réserver une part relative plus importante aux régions, dont le vieillissement de la population amène plus de défis du côté du remplacement de la main-d’œuvre dans des secteurs essentiels de leur économie et dont la capacité d’accueil d’une population immigrante est présente.
La MRC de Bonaventure prévoit adopter une résolution semblable à sa séance de mars.
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