Des impacts jusqu’en Gaspésie
La fonderie Horne vue du ciel. Photo gracieuseté Mathieu Dupuis
Même si le premier ministre a voulu se faire rassurant en annonçant « sept années de prévisibilité », la possibilité d’une fermeture à la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda en mars 2027 a eu des échos jusqu’en Gaspésie, à l’heure où Métaux Osisko planche sur une relance du cuivre à Murdochville.
Pour la société d’exploration, le plan de match ne change pas, mais la Société de chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) aura à l’œil les développements dans ce dossier.
Osisko avait indiqué avant les Fêtes avoir besoin du rail pour envoyer le cuivre vers Rouyn-Noranda, si jamais Glencore décidait de le traiter en sol québécois. Glencore est le propriétaire de la fonderie en Abitibi et l’ancien propriétaire des actifs de cuivre à Murdochville. Elle a une entente exclusive avec Osisko pour l’achat de 100 % des concentrés produits dans la ville minière gaspésienne. L’autre option serait d’envoyer le cuivre par bateau vers des fonderies en Europe.
Incidemment, advenant la fermeture de Horne, une telle décision aurait un impact pour la SCFG qui aurait obtenu un précieux allié pour convaincre Québec de la nécessité de terminer la réfection du tronçon entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé.
« Quand on a vu ça dans les nouvelles, c’est venu rajouter une couche d’incertitude, analyse le président Éric Dubé. On voit comment on est interdépendant de ce qui se passe dans la province. On ne veut pas trop s’alarmer. On comprend qu’il y a des discussions. La fonderie ne fermera pas demain matin. On va souhaiter une entente pour que nous puissions travailler à développer le transport de minerai. »

Un besoin ferme
Même si Osisko n’était plus un client éventuel de la Société, la réfection du rail reste importante, tient à préciser Éric Dubé.
« Il y a plus que ça comme trafic. LM Wind Power est toujours là et pourrait mettre des pales sur le train. Il y a plusieurs discussions avec d’autres joueurs. Plus il y a de potentiel, plus les chances sont là. C’est ce que le ministre [des Transports] Jonatan Julien était venu nous dire en décembre lorsqu’ils ont renvoyé le ministère faire ses devoirs pour l’analyse d’opportunité. C’est sur ça qu’on travaille. Ça ne dépend pas juste d’une entreprise, mais c’est sûr que ça aura un impact. »
Dubé rappelle au passage que l’économie vit des bouleversements, particulièrement depuis un an avec l’arrivée du président américain Donald Trump. Il note aussi que le rail circule dans les deux sens, alors que des intrants pour les entreprises pourraient venir en Gaspésie par le rail.
Osisko pas inquiet
Le chef de la direction de Métaux Osisko, Robert Wares, indique pour sa part que ce serait « tragique » de voir la seule fonderie au Canada fermer ses portes. Il espère une entente avec Québec pour le maintien des activités au-delà de la date fixée par le géant métallurgique.
Le sort de Horne ne change cependant rien au plan de match économique que prépare l’entreprise puisque, comme mentionné en introduction, le produit pourrait être expédié en Europe par bateau à partir de Gaspé plutôt que par rail en Abitibi-Témiscamingue. À ce stade-ci, M. Wares a préféré ne pas accorder d’entrevue officielle.
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