Les quantités de neige plus importantes reçues jusqu’à maintenant cette année dans la Baie des Chaleurs sont favorables à la sauvegarde des plants de fraises.
Au cours des dernières années, le manque de neige, le gel et la pluie n’ont pas facilité la conservation des plants pour la saison de production.
« Jusqu’à date, il y a quand même un couvert de neige intéressant. On en espère un peu plus. On croise les doigts pour avoir une belle fin d’hiver, car moins de neige au printemps, ça dégèle plus rapidement et les derniers gels du printemps causent des dommages. Jusqu’à maintenant, c’est quand même bien », note le copropriétaire de la Ferme Bourdages Tradition de Saint-Siméon, Pierre Bourdages.
La neige est une couverture isolante importante qui permet aux plants de mieux passer l’hiver. La paille vient aussi en appui à la conservation. L’an dernier, le manque de neige n’a pas aidé et le printemps a été très humide. Par la suite, dès la mi-juin, la sécheresse s’est installée.
« Les changements climatiques sont en train de s’installer. C’est ce qui devient la norme », lance le producteur de fraises et d’autres produits de consommation.
La sécheresse a causé une perte de production estimée entre 20 et 25 % en 2025, selon les estimations de la ferme. « L’agriculture étant ce qu’elle est, c’est un facteur de risque. En 2023, on avait eu des excès d’eau. Chaque année amène son écart. On essaie de s’adapter. Il y a des températures qui causent des dommages aux champs », explique Pierre Bourdages.

En adaptation
Une production en tunnel a été amorcée pour les framboises. C’est une production en forme de parapluie; une protection par rapport à la pluie et géré au goutte à goutte pour abreuver les plants.
« Le but, c’est d’augmenter la productivité avant de penser serre. Un mois de plus au printemps, un mois de plus à l’automne. Un peu plus de production pour vendre localement en boutique et aux alentours. On va en installer cette année dans la fraise et la framboise et analyser ce type de production », mentionne l’entrepreneur.
Avec les conditions climatiques des dernières années, la ferme va ajuster sa production dans les champs. L’exportation vers les grands centres sera mise de côté.
« On va adapter nos productions, car ça représente un coût. On va adapter la production pour réduire l’impact sur la ferme. Ce sont des coûts de transport supplémentaire et un prix souvent plus bas. C’est moins avantageux que ça a déjà été. »
Quant à une production de fraise en hiver, le projet évoqué il y a trois ans n’est pas mis sur les tablettes.
« On veut s’assurer que les méthodes sont bonnes en province, qu’il y ait de la rentabilité, car on voit des naissances, des décroissances et des fermetures dans les entreprises établies. On va expérimenter la production en tunnel et on verra comment ça va se comporter », conclut Pierre Bourdages.
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