Dans l’air depuis une trentaine d’années, le projet de navette maritime entre la Minganie et la Gaspésie refait surface. De nouvelles études économiques viennent démontrer sa viabilité.
Menée par la firme Aviseo Conseil et rendue publique le mercredi 28 janvier, l’analyse révèle des retombées fiscales qui dépassent le déficit d’exploitation anticipé, faisant de ce traversier l’un des plus rentables au Québec.
Déficitaire pendant cinq ans
Le déficit d’exploitation annuel moyen est estimé à 6,7 millions de dollars pour les cinq premières années. Or, selon Mathieu Paquet, économiste et associé d’Aviseo Conseil, les revenus fiscaux générés pour le gouvernement du Québec atteindraient 12,5 millions de dollars annuellement, soit presque le double du déficit. Toujours selon les études, les dépenses touristiques supplémentaires généreront, à elles seules, 11,4 millions de dollars en revenus fiscaux.
« Même si on regarde le scénario pessimiste à seulement 50 % d’occupation, les recettes fiscales de 7,4 millions de dollars sont encore supérieures aux déficits d’exploitation », précise M. Paquet. Dans le scénario de référence à 70 % d’occupation, le Québec bénéficierait de 38,8 millions de dollars en valeur ajoutée (PIB) et plus de 537 emplois seraient soutenus annuellement.

Outil de désenclavement
Pour la directrice générale du Port de Havre-Saint-Pierre, les conclusions sont sans équivoque. « Non seulement le projet est essentiel, mais il est viable et économiquement profitable pour le gouvernement », soutient Odessa Thériault. De plus, la navette permettrait de désenclaver la seule île habitée du Québec qui est toujours privée d’un service régulier de traversier.
La mairesse de L’Île-d’Anticosti souligne l’urgence de la situation. « Il n’y a pas d’autre option, précise Hélène Boulanger. Pour notre développement, il faut avoir une voie d’accès. » Le maire de Gaspé et préfet de La Côte-de-Gaspé ajoute : « On est à 70 km à vol d’oiseau et on n’a pas accès à l’île d’Anticosti, déplore Daniel Côté. Il y a un problème fondamental ! »
Consensus régional
Le projet bénéficie d’un appui unanime. La préfète de Minganie insiste. « Si on a fait toutes ces démarches-là et que c’est un projet qui, depuis plus de 30 ans, tente de voir le jour, ça démontre son importance », exprime Meggie Richard.
La navette opérerait 160 jours par année durant la saison estivale, transportant 350 passagers par jour et 10 à 15 camions, avec un temps de traversée de 7 à 7,5 heures jusqu’à Port-Menier, avec un arrêt de 4 à 5 heures sur l’île d’Anticosti.
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