Après trois décennies d’attente et des années de travail rigoureux, le Port de Havre-Saint-Pierre, la municipalité de L’Île-d’Anticosti ainsi que les MRC de Minganie et de La Côte-de-Gaspé demandent un engagement clair de la part de Québec pour le financement du projet de navette fluviale qui relierait la Minganie, Anticosti et la Gaspésie.
« On a franchi une étape déterminante dans le projet, affirme la directrice générale du Port de Havre-Saint-Pierre, Odessa Thériault. Les résultats des études qu’on dévoile viennent clore la dernière grande étape que le Port s’était engagé à livrer. À partir de maintenant, avec l’ensemble des informations en main, le gouvernement va être en mesure de se positionner. »
Les études révèlent que le meilleur modèle de gouvernance serait un organisme à but non lucratif, soutenu par quatre comités assurant la participation des communautés locales et des Premières Nations. L’exploitation quotidienne serait confiée à un opérateur spécialisé, garantissant une gestion professionnelle, tout en maintenant un contrôle décisionnel à l’échelle locale.

Boucle touristique
Le maire de Gaspé et préfet de La Côte-de-Gaspé est catégorique. « On croit à une nouvelle boucle touristique », avance Daniel Côté.
« La désignation d’Anticosti au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2022 a créé un gros pic d’intérêt, note Mathieu Paquet, économiste et associé de la firme Aviseo Conseil. Mais, il faut déplacer les gens et les transporter. Présentement, le principal écueil est l’offre de transport qui n’est pas suffisante. »
La capacité annuelle de 28 000 passagers s’inscrit dans une vision d’avenir claire. « Ce n’est pas une petite municipalité de 200 habitants qui peut porter l’imputabilité d’un pareil dossier, prévient la mairesse de L’Île-d’Anticosti, Hélène Boulanger. Pour faire vivre les régions, est-ce que ça vaut la peine d’avoir un traversier ? La réponse est oui. »
Population en croissance
Loin d’être nostalgique, le projet de navette s’appuie sur des signes encourageants de vitalité. « Quand le projet a commencé en 2022, il y avait six enfants à l’école, fait savoir Mme Boulanger. On est maintenant rendu à 24. Au prorata de la population, c’est majeur ! »
La préfète de Minganie est déterminée à ce que le projet voit le jour. « La MRC s’engage, en collaboration avec ses précieux partenaires, à continuer de porter ce projet avec les communautés locales parce qu’on y croit sincèrement », conclut Meggie Richard.
Reste maintenant à savoir si Québec partagera cette vision de connexion entre ces deux régions de l’Est-du-Québec.
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